Nostalgie. C’était dans les années 1999, 2001, 2002, 2003 & 2004, des années qui abritaient des saisons estivales débordant d’insouciance, de libertés chéries, de fiestas nuit et jour et vice-versa… Vincent le bogosse faisait partie de l’équipe des débuts du Carnaval Café

 

En ce temps-là, entre deux mojitos, entre deux danses, entre deux dragues, entre deux inconnu(e)s, on pouvait même jouer à la pétanque en nocturne dans le bois des pins d’Argelès-plage, un boulodrome improvisé dans la continuité des cuisines, des toilettes et de la terrasse du Carnaval Café. Franchement, ça avait de la gueule, on s’imaginait sur la place des Lices à Saint-Tropez, des figures locales pseudo capitaines de bateaux ivres remplaçaient les Eddy Barclay, Stéphane Collaro, Enrico and C°. C’était d’un drôle. Il y avait dans ce haut-lieu de la vie nocturne (qui l’est toujours près de trois décennies plus loin), des airs d’Ibiza. Grâce à Jipé (Sarrat), le boss, et surtout à Juju (Gallos), on pouvait y croiser les Guetta, Cathy et David, encore en couple, papoter – les selfies n’existaient pas – avec des tonnes de célébrités de passage, débarquées telles des naufragé(e)s pour se produire sur la piste de la discothèque Playa Club, où les frères Molins, Jean et Charly, impériaux, tenaient le gouvernail avec force et convictions. Grande époque ! L’été ancré, on ne cherchait qu’une seule chose : risquer sa vie. Ou plutôt : vivre sa vie de manière très intense. Les anciens, pour l’avoir vécu avant, appelaient ça : « brûler la chandelle par les deux bouts »… Désormais, la chandelle ne tient même plus debout !

Mais tout à une fin. Même, surtout, les plus belles histoires.

Puis les anti-bruit ont fini par se réveiller et faire un ramdam du tonnerre, assourdissant à un point tel qu’ils ont réussi à faire taire, ou presque, les platines d’Arnaud – le dijé indétrônable et indémodable, toujours en place tel une statue dalinienne -, et fermer l’accès du Carnaval Café donnant dans le fameux Bois d’Aqui.

 

 

Vincent est désormais agent immobilier à Nice

 

En retrouvant l’autre soir, au Carnaval Café, Vincent, qui fut le pilier de l’équipe au bar, avec son sourire ravageur, son charme irrésistible et, surtout, sa gentillesse, vingt étés ont défilé dans les mémoires en sommeil, avec pour final l’inévitable coup de vieux. Pas pour lui, si ce n’est des poils blancs dans sa barbe et deux enfants au foyer familial. L’ex barman est devenu père de famille donc, agent immobilier (à succès) sur la Côte-d’Azur, à Nice plus précisément.

Avec l’amicale et fidèle complicité de Jipé et Arnaud, fidèles au(x) poste(s), le temps d’une chaleureuse et torride soirée d’été qui restera forcément inoubliable, gravée dans les annales los argelésiennes, il s’est donc glissé dans la peau du jeune barman endiablé qu’il fût, pour mettre le feu hors des obstacles sociologiques et cliniques qui, aujourd’hui, empoisonnent l’ambiance des teufeurs. Nostagie.

 

L.M.