(Tous les weekends, trouver une place de stationnement entre Canet-en-Roussillon et Saint-Cyprien est nettement plus facile que les saisons précédentes… et la circulation est d’une fluidité remarquable !)

 

Alors que partout sur le littoral méditerranéen qui nous entoure et nous fait face – de la Provence-Alpes-Côte-D’azur jusqu’à la Costa Brava, en passant par la Corse, tous les modes d’hébergement traditionnels – hôtels, campings, gîtes, meublés… – annoncent, pour ce mois de juillet 2015 en fin de course, une hausse de fréquentation oscillant entre + 4% et + 9%, voire jusqu’à 15% dans les secteurs les plus pointus, en Roussillon cette même fréquentation serait en berne… et ce seraient les poids-lourds du tourisme départemental – les stations balnéaires telles que Argelès-sur-Mer, Saint-Cyprien et Canet-en-Roussillon – qui plomberaient les statistiques locales en les tirant vers le bas.

Moins de monde sur les plages, beaucoup moins de circulation sur les routes, moins de consommateurs aux terrasses des restaurants, dans les concerts (exception faite bien sûr des rouleaux-compresseurs Elecrobeach et Les Déferlantes d’Argelès-sur-Mer…), lors des spectacles qu’ils soient gratuits ou payants, c’est l’évidence même tellement c’est visible. Peut-être, peut-être ?, seules encore les supérettes, les hypermarchés arrivent à tirer leur épingle du jeu estival si l’on en juge l’attente aux caisses.

Le département des Pyrénées-Orientales a mal à son tourisme, c’est désormais une certitude. La préfète, Josiane Chevalier, pourtant récemment débarquée sur le sol roussillonnais (depuis moins d’un an), avait osé tirer la sonnette d’alarme devant une poignée de médias, alors qu’elle s’invitait sur le terrain à la fin du printemps dernier.

Notre tourisme est en panne parce qu’il ne correspond plus aux attentes des touristes, tout simplement. Depuis l’accueil dans les ports de plaisance jusqu’aux boutiques en façade littorale, en passant bien sûr par les animations souvent ringardes proposées par certaines municipalités du bord de mer, en passant également par ces restaurants à l’hygiène sanitaire douteuse : tout est à revoir ! Mais, fort heureusement, tout n’est pas définitivement « out », même si c’est un travail titanesque qui attend décideurs, décisionnaires, professionnels du tourisme ambitionnant de relever le défi. Ou plutôt les défis. C’est bien connu : l’espoir fait vivre.

Certes, tout n’est pas à jeter : il y a chez nous, encore, des professionnels du tourisme qui savent recevoir, servir, qui en veulent. Ils ne sont peut être pas majoritaires (en quantité), mais ils le sont en qualité.

Le drame est que depuis les années 60-70, quand Charles de Gaulle, alors président de la République décida d’impulser une véritable politique touristique (et économique) pour stopper la déferlante estivale en direction de la péninsule ibérique – il lança alors les paris architecturaux-touristiques qui menèrent à la création de stations balnéaires : La Grande-Motte, Le Cap d’Agde, Port-Leucate, Port-Barcarès, Saint-Cyprien… – depuis cette époque, depuis un demi-siècle, plus rien n’a été fait ! On n’a même oublié de rénover, pour les adapter aux goûts du jour, certaines de ces stations qui ont visiblement mal vieillies.

Les collectivités locales, territoriales, les institutions, les chambres consulaires également, les syndicats professionnels, partenaires publics et privés, doivent désormais s’investir dans un plan de sauvetage de ce qui est aujourd’hui, et de loin, notre première activité économique. Vite ! Car il y a urgence. Des milliers d’emplois sont en jeu.