Les touristes sont là. Il suffit de circuler – à pieds, à vélos ou en autos – dans les stations balnéaires pour s’en convaincre. Chaque année un peu plus, c’est du grand n’importe quoi ! Ils débarquent irrespectueusement, se fichent comme de l’an Quarante de la vie en communauté, s’appropriant sauvagement terrasses de café, plages, voiries et parkings. Ils sont en Ouacances, un point c’est tout ! Peu importe l’ampleur de la dégueulasserie.

Commentaire d’un enfant du pays, parti pendant une décennie se former à l’étranger – Argentine, Australie, Thaïlande… – aux métiers du tourisme, et de retour sur la Côte Vermeille cette année : « Quand j’ai quitté le département, je pensais qu’on avait touché le fond, au niveau du tourisme, tant au niveau de l’accueil que de la clientèle – car après tout, c’est bien connu, on récolte ce qu’on sème, donc forcément on reçoit ce qu’on mérite… Eh bien en revenant cette année, je constate que pendant dix ans on a continué à creuser au-delà du fond ! C’est pire qu’il y a dix ans. Je n’imaginais pas cela possible, je l’avoue (…) ».

La faute à qui ? Pas aux professionnels, qui eux ont lourdement investi, il suffit de recenser le nombre d’établissements classés en trois et quatre étoiles, dans l’hôtellerie traditionnelle certes, mais aussi dans l’hôtellerie de plein air.

La faute est plutôt à (re)chercher du côté des élus, des décideurs, qui ont toujours un mal fou à considérer le Tourisme comme une industrie à part entière. Les maires de nos grandes stations balnéaires, par exemple, n’ont jamais eu le courage de pondre – et ensuite surtout de les faire appliquer – des arrêtés municipaux pour tirer le tourisme vers le haut, comme pourtant l’ont fait, en Languedoc-Roussillon, nombre d’édiles dans les départements de l’Hérault ou du Gard.

Résultats : sur le littoral, en front de mer, les investissements privés sont de plus en plus rares, les retards par rapport au développement constaté ailleurs sur la façade méditerranéenne s’accumulent. Les programmes d’animation des stations balnéaires roussillonnaises manquent d’ambitions, quand ils ne se ringardisent pas carrément… Que ce soit dans le stationnement ou la circulation, c’est le souk complet, jusqu’au jour de grande affluence estivale où il y aura une catastrophe… Des employés saisonniers dorment dans leur voiture (!) car aucune municipalité littorale à ce jour ne s’est penchée sur le logement de ces salariés devenus précaires en gagnant pourtant parfois jusqu’à 3 000€/ mois en haute saison… Quand il pleut ou les jours de grand vent, il n’existe pratiquement aucune solution pour occuper nos estivants… Des serveurs en restauration vous proposent des vins de l’Hérault, de l’Aude ou des bordeaux en guise de « vins d’ici », etc.-etc. On ne se lassera jamais de vous le répéter : c’est du grand n’importe quoi… Et ce n’est pas fini !