Playa Club : C’est sans aucun doute la discothèque la plus mythique du littoral languedocien et roussillonnais, voire au-delà ! L’endroit a survécu à toutes les modes, a fait succomber et fléchir toutes les fashion-victims… On peut affirmer que la plupart des dijés et autres oiseaux de nuit hantant toujours les scènes nocturnes et les linoléums, ceux-là même encore et encore aux commandes des platines, flyers, tous ! – même ceux qui ont débuté en bas de l’échelle – sont passés au moins une fois dans leur jeunesse dans ce sanctuaire des nuits catalanes, fondé par la famille Molins dans les années 60-70 (on se souvient alors du Psyché) et réinventé sous l’enseigne Playa Club dans les folles années 80.

On pourrait écrire un roman, entretenir une encyclopédie évolutive à partir de ces lieux dont ce n’est pas peu dire qu’ils ont influencé socialement et façonné dans le look plusieurs générations d’adolescents, de stars locales et leurs inséparables luthiers, de talents à plume-à-voile-et-à-vapeur, d’inimitables mythos (Que l’on regrettera éternellement), etc.-etc.

C’est là, au Playa, que les vedettes dans les années 80-90 venaient terminer incognito leurs concerts d’été, avant d’assister au lever du soleil depuis la porte du Synchro (autre club mythique toujours inventé par les frères Jean & Charly Molins et qui s’encastrait sous le linoléum de l’actuel Playa…)…

Pendant des décennies, malgré les Anti-bruits, malgré les ringards badgeant et déambulant dans les Administrations locales et corsetés dans leurs idées reçues d’une autre Préhistoire, le Playa, sa musique, ses pin up, ses soirées hors normes et son architecture d’exception (nombre d’étudiants d’écoles de Beaux-Arts disséminées aux quatre coins du monde y débarquent régulièrement pour analyser et s’inspirer de ce style unique) ont fait vivre le rêve roussillonnais, celui d’un territoire et d’une ambition cherchant à se positionner au plan touristique entre Californie et Floride, à quelques encablures d’accès de la ville-monde, Barcelone, et de la métropole régionale, Montpellier.

Les Toulousains les plus fêtards en avaient fait leur lieu de villégiature préféré… pour rien au monde, les enfants de l’Aérospatiale, du cassoulet, du fénétra, de Jean Dieuzaide, Carlos Gardel, Jean-Pierre Mader, Mady Mesplé, Claude Nougaro, Richard Astre, Vincent Moscato… et autres célébrités-spécialités toulousaines n’auraient manqué « un été à L’Os Argelès »…

Ce samedi 11 avril, le Playa Club entre à nouveau en scène pour une nouvelle saison estivale. De toutes façons, quoi qu’il en soit, le Playa continuera de traverser les époques, les modes, car il restera dans l’Histoire locale. On ne peut que souhaiter le succès à l’adorable équipe qui entoure le sympathique Sébastien Garcia, actuel directeur de cette discothèque légendaire tombée dans le giron du Groupe JoA Casinos.

(Photos @rchives)