Dans les colonnes du site d’information ouillade.eu, daté d’hier mercredi 28 août 2019 le maire d’Alénya, Jean-André Magdalou, interpelle la directrice du secteur postal d’Elne. Il fait référence à la prochaine réduction d’horaires du bureau de poste dans sa commune d’Alénya de 3 700 habitants. Il s’interroge sur l’état des services publics de nos campagnes. Mais pas seulement.
Il s’interroge très justement de l’importance de ce service public dans l’intérêt de sa population et il fait référence à cette préoccupation centrale des Gilets jaunes, des mobilisations citoyennes et syndicales.
Il a raison de s’inquiéter car nous à Saint-André, cette situation ne semble émouvoir personne. Si nous avons pratiquement le même nombre 3 388 habitants, nous n’avons déjà plus la chance comme à Alénya d’être ouvert six jours sur sept.
Comme quoi Jean-André Magdalou a raison d’agir au plus vite, car nous concernant à Saint-André le bureau de poste ferme de manière impromptue. Pour exemple : il y a un mot sur la porte que le bureau de poste est actuellement fermé tous les matins, cela alors que nous ne sommes ouverts que cinq jours sur sept.

Plus inquiétant encore, le samedi matin qui était indispensable c’est maintenant fermé. Si nous ne réagissons pas effectivement nous n’avons pas fini d’être pris en otages pour récupérer nos recommandés et autres documents urgents.

Il s’avère néanmoins que le service public ne s’arrête pas à La Poste de ma commune et que d’autres sujets sont aussi graves et qu’il pourrait y avoir beaucoup à redire sur la qualité des services municipaux et collectivités locales pour que soit pris en compte l’ensemble des services de proximité : distribution et épuration des eaux… Nous, à la Ferme de Découverte Saint-André, nous n’avons toujours pas d’eau potable distribuée par le service public, nos ordures ménagères ne sont désormais ramassées qu’un seul jour par semaine, elles débordent en permanence et nous avons interdiction d’amener nos sacs poubelles à la déchèterie et aussi interdiction de les brûler… alors ont fait comment ? Il n’y rien d’étonnant de voir ressurgir des décharges sauvages un peu partout et pour ce qui est de sécurité des revêtements des voiries municipales n’en parlons pas : c’est innommable dans certaines communes !

Entre sentiment d’abandon des habitants et l’inquiétude des maires, il serait temps de se mettre à travailler tous ensemble à la mise en place d’un « agenda rural » et envisager le déploiement des maisons de services au public, car si on peut s’interroger sur l’état des services publics de nos campagnes nous devons aussi agir et resserrer nos liens pour gérer l’ensemble des problèmes avec plus de maturité. Mais pas seulement.

Il va y avoir urgence à travailler tous ensemble sur l’agenda rural du gouvernement, un agenda se voulant répondre aux attentes des territoires ruraux. Pourtant, malgré cette opportunité, personne ne semble bouger dans nos municipalités.
Le moment est pourtant venu de faire des propositions concrètes pour nous permettre de nous développer dans notre diversité, telle est pourtant l’ambition de cet agenda rural, à travers notamment la création d’un fonds de solidarité environnementale, un pack jeunesse pour un accès facilité à la culture (et peut-être aussi à l’éducation populaire ?) ou encore au développement de la 5G et de la fibre alors que nous n’avons aucun débit sur le téléphone à fil, ce qui nous a obligé à délocaliser nos bureaux au village.

Tout cela alors que dans le même temps l’Etat nous oblige à appliquer des règlementations de plus en plus strictes.
On exige beaucoup des citoyens alors même qu’il y a un abandon total des obligations du service public. Le deux poids et deux mesures risque de nous amener dans un mur de réalités qui va une fois de plus de nous préparer à d’autres révoltes.

Préoccupation centrale des Gilets jaunes, des mobilisations citoyennes et syndicales, les services publics changent notre identité commune sans aucune concertation.
L’Etat français et les collectivités territoriales sont-elles vraiment encore capable d’améliorer les services rendus aux habitants ?
Quand on parle d’identité commune ce n’est pas rien car le service public est une notion très ancienne, mais tardivement conceptualisée qui n’a cessé d’évoluer de l’Antiquité à la Révolution française.
N’oublions pas que la Révolution française a marqué ici une étape importante. La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 indique que la force publique « est instituée pour l’avantage de tous et non pour l’utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée » (article 12). C’est la notion d’intérêt général qui est précisée, ainsi que le principe d’utilité publique, qui devient un moyen de réaliser et de mettre en œuvre la loi de manière satisfaisante et en conformité avec l’intérêt national…

Hubert LEVAUFRE
La Ferme de Découverte Saint André