« Que les services de l’Etat prennent en compte les moyens financiers et l’accompagnement qui permettent aux entreprises de se mettre en conformité, ou qu’ils assument leurs aide pour trouver des financements ! »

 

Peter, le daim recueilli et sauvé par La Ferme de Découverte de Saint-André

 

 

 

« Monsieur le Sous-Préfet,
Comme j’ai pu l’évoquer dans mon précédent courrier j’ai deux problèmes très graves à surmonter et il faut agir rapidement :
– 1er problème, le harcèlement et les menaces d’un agent des services de l’Etat qui ne peut prendre seul la décision d’interrompre sa procédure, qui ne peut pas prendre en compte les moyens financiers et l’accompagnement qui permettent de se mettre en conformité avec la législation, si ces moyens financiers n’y parviennent pas, ce qui est notre cas, alors dans ce cas précis on fait quoi ?
En ce qui concerne notre entreprise, nous demandons que les services de l’Etat et plus précisément la DDPP prennent en considération que les deux daims (qui sont l’objet du litige) ont été achetés par un particulier et qu’ils proviennent d’un élevage règlementaire des Pyrénées-Orientales (Didier ROQUES ROGERY, président depuis 30 ans du Syndicat national des éleveurs de cervidés SNEC)… Que c’est deux daims ne pouvaient plus être assumés par leurs propriétaires et c’est dans ce cas précis que nous avons assumé comme à d’autres reprises notre rôle de refuge. Cela a évité à ce genre d’animaux d’élevage d’être relâchés dans la nature, leurs car leurs comportements trop dociles auraient pu poser des problèmes de sécurité aux automobilistes.
Il est à préciser également que les deux daims en question ne pourront pas se reproduire car le mâle est opéré pour être stérile (vasectomisé) ce qui est conforme à la réglementation.
Pour toutes ces raisons et par sympathie vis à vis de couple de retraités très âgés qui devaient absolument vendre leur terrain j’ai accueilli ces daims (Piter et Clochette) auxquels cette famille de Catalans, notre famille, nos employés et notre public sommes à ce jour très attachés.
Il y cinq ans, et conformément à la demande du contrôleur de la DDPP, nous avons aménagé l’enclos des daims avec un grillage de 2,5 mètres de hauteur et qu’un grillage a aussi été aménagé pour éloigner le public à 1 mètre de distance. A cette époque personne ne nous avez exigé l’emploi de capacitaire pour s’occuper des deux daims, cette exigence nous ayant été signifiée deux ans plus tard.
Nous avons répondu à cette exigence et avons embauché un capacitaire qui a décidé de quitter notre entreprise pour un autre projet professionnel en octobre 2018.
Cela fait maintenant sept mois réellement que nous n’avons pas de capacitaire car nous n’avons pas les moyens financiers pour une embauche aussi importante (3 200€ par mois avec les charges) et sept mois que les services de l’Etat nous menacent de représailles.
– 2e très gros problème, le soucis de financement et de désolidarisation du CA Sud Med (Crédit-Agricole) qui nous reproche notre manque de rentabilité et le caractère atypique de notre activité.
On nous reproche une vision hasardeuse et un manque de rentabilité, sans prendre en compte le caractère d’innovation et surtout la transition numérique subie par notre activité.
On nous reproche nos difficultés, alors que depuis quatre ans nous sommes à la disette, nous sommes une des rares entreprises du département à brasser un million d’euros de chiffre d’affaire avec zéro endettement. Comment une entreprise peut-elle fonctionner normalement sans endettement ? Il faudra bien qu’un jour on nous l’explique. De façon inhumaine, on nous a tout supprimé nos découverts et lignes de crédit, et cela par manque de rentabilité, de constance, et je ne sais quoi…
L’Etat Français a mis BPI France en place qui prétend n’avoir aucun pouvoir à être en mesure de nous financer directement, car nous ne rentrons pas dans leurs critères d’éligibilité. A plusieurs reprises je les ai sollicités sans résultat, ils nous disent que la banque doit nous financer, qu’il garantissent à 70% et ne pas avoir de financement direct pour nous. La banque quand à elle, nous cumule des frais énormes en nous affirmant que nous représentons un risque trop gros (comme celui qui voudrait tuer son chien le verdict de la rage s’applique dans ce cas très précis).
Ne plus accéder aux financements depuis quatre ans nous met en permanence sur le fil du rasoir et à la merci des contraintes humaines, administratives tout en subissant les contraintes météorologiques (plusieurs canicules et inondations) et les lois du marché.
Nous sommes dans la catégorie des entreprises boiteuses inintéressantes pour l’intelligence bancaire. Ils exigent une meilleure compréhension de notre modèle économique.
Notre modèle économique est bien entendu atypique, néanmoins nous avons su nous adapter aux contraintes et à l’évolution du marché touristique en apportant beaucoup d’innovation. Il ne nous manque désormais qu’une très forte rentabilité que nous allons tenter d’obtenir enfin.
Je ne manquerai de vous en tenir informé fin août.
D’ici cette échéance nous devons agir rapidement, échanger sur ces sujets et surtout faire le nécessaire pour que l’entreprise n’ait pas trop d’entraves administratives et financières, et surtout faire le nécessaire pour que le Crédit Agricole cesse sa procédure de mise en vente de la Ferme de Découverte Saint André.
Chaque agriculteur en difficulté ou qui disparaît, ce sont des hectares de friches supplémentaires, nous sommes tous concernés, vous connaissez mon engagement contre cela, il serait temps que nous soyons solidaires aussi dans l’action.

Le CA Sud Med autant que nous tous porte cette responsabilité de dépasser les 40% de friches actuellement dans nos communes, je suis concerné, cette situation hante mes nuits, il est vraiment temps d’agir.
Mon épouse et moi-même, nous nous tenons à votre disposition, n’hésitez pas à m’appeler, dans cette attente, je vous adresse Monsieur GIULIANI mes salutations respectueuses.

 

Hubert LEVAUFRE