Alcool et/ ou stupéfiants au volant, vitesse excessive, endormissement… les causes ne manquent pas pour accuser le comportement d’automobilistes, ou plutôt de chauffards,  dans la succession d’accidents mortels recensés sur la route départementale 618, qui relie entre autres les communes d’Argelès-sur-Mer et du Boulou.

C’est sur le sol roussillonnais l’un des axes les plus fréquentés, tout le long de l’année. C’est l’autre route du Perthus, c’est la route qui relie tout le Vallespir aux stations balnéaires de la Côte Vermeille, via le massif des Albères…

Chaque semaine, elle est le théâtre d’accidents plus ou moins graves, et si « on » n’en parle pas tous les jours c’est que fort heureusement il ne s’agit souvent que de carrosseries froissées.

Quant elle a été ouverte, dans sa configuration actuelle, c’était il y a une quinzaine d’années, déjà nombre de riverains demeurant sur les territoires qu’elle traverse avaient tiré la sonnette d’alarme, décriant préventivement son caractère accidentogène.

D’ailleurs, à cette époque, plusieurs tracés avaient été envisagés. C’était déjà un premier signe d’inquiétude.

Mais surtout, ce qui avait attiré l’attention et soulevé des points d’interrogation, pour ne pas dire de protestations, c’est que cette route était conçue littéralement comme une piste de billard, sans zones de dépassement,  alors que la logique de sécurité routière voulait qu’il y en eut, puisque ce nouvel axe routier s’ouvrait sur deux voies uniquement. « Dépassée », cette route, à peine mise en service !

Tout les spécialistes vous le confirmeront, à défaut d’une route à deux fois deux voies, c’est bien une route à trois voies qui aurait due être réalisée ici, ne serait-ce que pour dépasser les véhicules lents, nombreux à emprunter cet itinéraire entre l’autoport du Boulou et le port marchand de Port-Vendres.

Alors, que s’est-il vraiment passé à l’époque : manque de budget ? Absence de réalisme ? Méconnaissance totale du terrain ? Incompétences ?…

En attendant, le carnage routier continue et les familles endeuillées se comptent désormais par dizaines.

Pousser un cri d’alarme n’y suffira pas, hélas.