Juste avant la finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) qui a opposé, dans la ville du Caire en Égypte, les équipes d’Algérie et du Sénégal – avec la victoire des « Fennecs » d’Alger – Mamoudou BARRY, 31 ans et père de famille, a été violemment et lâchement agressé, vendredi soir donc, dans la banlieue de Rouen.

Une enquête est en cours pour faire la lumière sur les circonstances de cette attaque, mais d’ores et déjà, selon des premiers témoignages qui ont « fuité », tout porterait à croire qu’il s’agirait d’un crime raciste perpétré par un ou plusieurs supporters algériens.

Si la presse française – pourtant habituellement si empressée à qualifier de « racistes » des propos absolument sortis de leur contexte tenus par le président des Etats-Unis, Donald TRUMP, et ne reflétant pas du tout la vérité du discours de l’hôte de la Maison Blanche à Washington –  trois jours après les faits s’emmurent dans un silence assourdissant qui ne la grandit pas, des hommes politiques français, de droite, de gauche et d’ailleurs, osent eux dénoncer et pointer du doigt « un crime raciste » : « Le Dr. MamoudouBarry victime d’un crime raciste perpétré par des supporters algériens a été roué de coups et assassiné sous les yeux de sa femme. Scandalisé par ce crime barbare et l’incompréhensible silence médiatique ! », a réagi sur Twitter par exemple le député LR des Alpes-Maritimes, Eric CIOTTI.

Jusqu’au ministre de l’Intérieur, Christophe CASTANER, qui a twitté lui : « Et si on parlait d’un véritable acte raciste commis en France vendredi dernier ? Le Dr #MamadouBarry a été tabassé à mort devant sa femme à Rouen par des supporters algériens qui ont cru qu’il était sénégalais. C’était en France, en 2019 ».

« Voilà la haine. Qui en parle ? », s’émeut encore le député LR du Vaucluse, Julien AUBERT.

En attendant, comme l’a aussi twitté Olivier FAURE, 1er secrétaire du PS : « Une femme, une fille dévorées par le chagrin parce que la vie de celui qu’elles aimaient a rencontré un abruti ».

Les médias français, les journalistes, sont-ils conscients qu’ils sont peut-être en train de couvrir un crime raciste ? Que cette presse ne s’étonne plus d’être aujourd’hui rejetée par l’opinion publique. Il y a belle lurette que le cordon ombilical avec le peuple a été coupé. Trop souvent, désormais, il faut aller sur les réseaux sociaux ou sur les sites d’information situés à l’étranger pour connaître LA vérité sur ce qui se passe en France.

Que cette presse là arrête de s’ériger en donneuse de leçons, de se nourrir de ses boucs-émissaires préférés – Donal TRUMP, Matteo SALVINI, Jair BOLSONARO ; dont nous rappellerons au passage qu’ils ont été élus démocratiquement par leurs peuples respectifs – alors que dans le monde il y a encore tant et tant de dictateurs qui mettent leur peuple en souffrance quotidiennement…

Que cette presse française là regarde LA réalité en face, qu’elle aille sur le terrain et ne se contente plus de relater des événements depuis ses smartphones, qu’elle ait le courage d’informer et non de rendre compte par le petit bout de la lorgnette en fonction de ses opinions et de ses émotions. Il y a pour cela suffisamment de commentateurs et d’éditorialistes pour se faire plaisir et s’autocongratuler dans les médias français.

 

La Rédaction de Ouillade.eu