« Madame le chef de la police municipale,

Vous êtes arrivée depuis peu à Port-Vendres pour diriger notre police locale et urbaine. En tant que Port-Vendrais et membre du conseil municipal, je vous souhaite la bienvenue et la meilleure réussite dans votre noble mission.
Si je m’adresse à vous à dessein, c’est bien pour vous informer personnellement au sujet de deux verbalisations violentes dont j’ai été l’objet et qui me paraissent totalement injustifiées.
En voici le récit :
En effet, alors que je revenais de Chartres le mercredi 8 août dernier et m’arrêtais contraint et forcé, faute de places, sur le passage clouté à quelques mètres de mon domicile pour décharger mes bagages, la police municipale me verbalisait une première fois pour un montant de 135 euros. Il était 14h 30. La canicule redoublait d’ardeur, il n’y avait personne dans les rues.
Le 13 août dernier, alors que je revenais cette fois-ci de Cerdagne, je fus obligé pour décharger mes bagages de m’arrêter à cheval sur ce même trottoir non loin de mon domicile principal, rencontrant le même problème de stationnement.
Une deuxième contravention m’a été infligée.
En l’espace d’une semaine les deux amendes totalisent pratiquement la somme de 200 euros.
Je précise que je m’arrête ainsi depuis des années, de façon momentanée, en forme de dépannage, quand cette même rue Lamartine est saturée et qu’il n’y a pas d’autres solutions de repli.
En aucun cas, dans ces deux situations, je n’ai entravé par cet arrêt temporaire la bonne circulation des véhicules.
Depuis toujours sur ces périodes de très haute fréquentation touristique les riverains gèrent comme ils le peuvent cette contrainte. Une auto régulation s’est mise en place dans notre rue et la police municipale s’est montrée en général compréhensive et conciliante.

Jamais nous n’avions, jusqu’à ce jour, été verbalisés.

Vous le savez mieux que moi, le rôle de la police municipale est avant tout de prévenir, et d’informer. Elle ne peut se complaire dans un rôle de répression systématique en appliquant la loi sans discernement, de façon bête et méchante, permettez-moi cette formulation.
Il est arrivé les années précédentes à David, pour ne pas le nommer, nouvellement promu à un grade supérieur dans votre équipe, de mettre sur mon pare-brise un avertissement. Je l’ai remercié pour son attention et sa courtoisie solidaire et j’ai tout aussitôt déplacé mon véhicule.
Hélas, la seconde amende qui m’a été infligée le 13 août dernier relève bien d’une mesure vexatoire et revancharde de la part d’un de vos collaborateurs avec lequel la discussion concernant ma première contravention, bien que correcte, n’avait pas été facile.

La police municipale représente d’abord un service de proximité, pour les citoyens, les gens de la cité, un service de protection. Si je me réfère quelque peu doctement, vous me pardonnerez, et de façon idéaliste aux écrits philosophiques de la république de Platon c’est bien pour insister sur le rôle actif du citoyen assurant sa sécurité et sa propre police avec la plus grande efficacité sans discrimination aucune.
La loi peut s’appliquer avec discernement et doigté, avec compétence et responsabilité, surtout quand il s’agit de riverains résidents à l’année depuis plusieurs générations.
Port-Vendres est une petite ville de 4 500 habitants. Les gens se parlent, les voisins échangent et se connaissent. Nous ne sommes pas dans une mégapole ou règne un anonymat totalitaire. Il existe encore chez nous une dimension humaine forte, loin d’une intelligence artificielle robotisée. Ne participez pas à sa destruction !

Je ne parlerai pas ici de mon engagement autour de la table du conseil municipal ou je défends autant qu’il le faut mes points de vues et mes désaccords avec monsieur le maire avec la plus grande conviction et en mettant toujours en avant les intérêts de nos concitoyens. J’aurai l’occasion de revenir dans les prochains jours sur ma situation au sein de ce conseil.
Beaucoup de Port-Vendrais, vous le savez peut-être, se plaignent à ce jour du comportement arbitraire et autoritaire de la personne qui m’a verbalisé. Beaucoup l’ont été comme moi par des amendes très chères, plusieurs dans le cadre de leur travail, ce qui est encore plus grave.
Est-ce que tout est permis lorsque l’on porte un uniforme? Certainement pas!
Ne serait-il pas bien venu, en revanche, de prendre des mesures salutaires et courageuses concernant les stationnements abusifs des deux côtés de la chaussée de la route nationale à hauteur du café de France, à quelques mètres du port, quand les dealers, aux yeux de tous, mettent en place leur funeste manège sans jamais qu’aucun agent municipal, curieusement, ne verbalise.

En tant que port-vendrais et représentant de l’opposition municipale au sein de notre conseil, je suis persuadé, madame le chef de la police municipale, que vous saurez recommander à votre équipe de la mesure, de la clairvoyance et de la tempérance pour conduire sa noble et parfois difficile mission d’intérêt général, comme vos prédécesseurs ont toujours su le faire.
Une fois de plus, je vous souhaite beaucoup de réussite dans vos nouvelles fonctions et le meilleur accueil qu’est tenu de vous réserver l’ensemble de la population.

Pierre LEBERGER
Conseiller municipal de la ville de Port-Vendres.