Selon une enquête du quotidien Les Echos, parue le mardi 22 mars 2011, en page 6 – à la rubrique « Collectivités locales » – « Depuis 1975, une cinquantaine de communes enregistrent une croissance hors normes ; elles se situent généralement à la périphérie des métropoles et sont concentrées dans 22 départements, pour l’essentiel dans la partie sud du pays et la région Ile-de-France (…) ».

Canet-en-Roussillon, avec ses bientôt 15 000 habitants (à l’année), figure dans ce tableau, où le journal Les Echos note, au passage, que la population de « la plage des Perpignananais » a bondi de près de 170 % entre 1975 et 2006. Les autres « villes-champignons » de la région Languedoc-Roussillon qui figurent dans cette inventaire sont : Lattes (+324,5 % durant la même période) et Mauguio (+177,3%), toutes deux situées dans la sphère de l’agglomération de Montpellier (Hérault).

Canet-en-Roussillon (à la 16ème place), Lattes (4ème) et Mauguio (13ème) figurent toutes les trois dans le « top 20 » de ces villes-champignons, emmené par Valbonne (+435,1%), près de Nice, et dont la ville de Genas (+145,4%), près de Lyon, ferme la marche. C’es « villes-champignons » sont aussi qualifiées de « boomburds » par les démographes qui n’ont pas trouvé d’autres noms que cette appellation d’origine américaine pour qualifier les villes dont la croissance démographique est proprement spectaculaire. Le terme de « boomburds », note Philippe Moreau de la rédaction des Echos, « est un terme intraduisible en français, il vient de la contraction de « boom » et de « burd », soit « boom » et « banlieue ». Mais sans la connotation souvent négative donnée au mot banlieue en français. Car aux Etats-Unis, ces « boomburds » sont souvent des villes plus peuplées que les villes-centres, comptent beaucoup d’emplois et présentent une grande hétérogénéité ethnique et sociale (…) ».

C’est à partir de 1962, et l’arrivée massive sur le sol roussillonnais de Français rapatriés d’Algérie (les « Pieds-Noirs »), que le visage démographique de Canet-en-Roussillon va être bousculé. La commune compte alors quelque 2 600 habitants, une population qui peut être à l’époque rapprochée à celle du Soler, environ 2 150 habitants, à l’opposé dans l’agglomération de Perpignan, puisque située à l’ouest sur la route de Prades, alors que Canet a les pieds dans l’eau, même si à ce moment-là c’est encore le Village qui tient la corde et les ficelles de la bourse et non le secteur Plage.

En 1990, Canet-en-Roussillon compte 7 575 habitants (Le Soler, 5 147)… et au dernier recensement officiel (2008) sa population a grimpé à 12 372 habitants (Le Soler, 6 630). Le « boom » démographique de la « plage des Perpignanais » est spectaculaire, tant sous le règne de Jacques Coupet (UDF/ Parti radical), maire de 1971 à 1989, qu’avec ensuite Mme Arlette Franco (maire RPR puis députée UMP jusqu’au 1er avril 2010). Cette dernière a toujours souhaité faire de Canet-en-Roussillon une ville à part entière, et non plus « la simple station balnéaire Perpignan-plage ». Elle y aura réussi, en tout cas aux plans démographique et touristique, voire industriel avec l’implantation remarquable de l’entreprise nautique « Catana », même si de graves lacunes dans l’économie locale viennent fissurer cette légitime ambition à l’arrivée.

En trois mandats successifs de maire de Canet-en-Roussillon, l’équipe municipale d’Arlette Franco aura « attiré » plus de 5 000 habitants sur le territoire de la commune. C’est, au sein de l’Agglo PMCA (Perpignan Méditerranée Communauté d’Agglomération), proportionnellement au solde naturel annuel des naissances par rapport aux décès, un record absolu, qui ne souffre d’ailleurs d’aucune contestation.

Si l’on compare avec d’autres communes de ladite Agglo, on constate…

– pour Bompas : 1 474 habitants (1962) ; 6 323 hab. (1990) ; et 7 149 hab. (2007)

– pour Cabestany : 1 155 hab. (1962) ; 7 513 hab. (1990) ; et 8 630 hab. (2008)

– pour Pollestres : 859 hab. (1962) ; 3 019 hab. (1990) ; 3 904 hab. (2008)

– pour Saint-Estève : 1 545 hab. (1962) ; 8 856 hab. (1990) ; et 11 085  (2008)

– pour Villeneuve-de-la-Raho : 615 hab. (1962) ; 3 189 hab. (1990) ; et 3 765 hab. (2008).