Planèzes, ce petit village du Fenouillèdes, dans son écrin de verdure, nous tend les bras. Aux pieds de l’ancien lavoir, construit sur un piton rocheux, l’Agly, ce fleuve impétueux, coule tranquillement. Ses flots, en cette journée du 11 novembre 2019, appellent à la sérénité

 

 

Mais en ce jour, il fallait compter avec l’amour d’Henri COLL-LACOUR pour son village. Il fallait compter sur sa volonté de faire vivre le souvenir de ces jeunes de Planèzes, partis à la guerre et qui sont couchés à jamais, loin de leur terre. Cette volonté, n’enlève rien à la sérénité nécessaire pour continuer à construire l’avenir pour les jeunes générations. Bien eu contraire.

Lorsque le souvenir est alimenté, les citoyens répondent par une présence nombreuse

Voilà plusieurs mois qu’Henri travaille, cherche, organise des rencontres, se déplace, et cela, sans compter son temps, pour arriver à reconstituer la vie des mobilisés de la Grande Guerre. Il est un de ceux qui pensent qu’il ne faut pas oublier tous ces sacrifices, ces vies gâchées et avec elles, celles des proches, des fiancées, des femmes, des mères, des pères, des enfants restés orphelins, marqués à jamais au fer rouge de la guerre.
C’est un peu ce qu’il a relaté dans son discours, en mémoire de ceux qui sont tombés au front, restés trop souvent, sans une sépulture décente.
Dans ses émouvants propos, il devait souligner l’horreur des gaz et autres misères.
Il devait conclure en soulignant que si trop de choses tombent dans l’oubli, il ne fallait pas laisser s’éteindre la flamme du souvenir. Et de poser la question : « Et si demain tout venait à recommencer avec nos enfants ?». En fait, voilà en quoi la flamme du souvenir doit servir : ne plus revoir ça.
Six enfants de Planèzes ont ainsi perdu la vie dans cette boucherie que fut la guerre de 14-18. Six jeunes gens qui étaient cordonniers, forgerons, vignerons tombés dans les tranchées à l’âge où l’on aime follement la vie.
Mais ce 11 novembre, a été l’occasion à Planèzes d’honorer également, ceux qui sont tombés lors du dernier conflit. C’est ainsi que Claude MéROU devait dévoiler la plaque des morts pour la France, lui qui a été le dernier pupille de la nation du village.
Il était à noter dans l’assistance, la présence des anciens de la guerre d’Algérie dont Jean-Pierre ROGER, nouveau récipiendaire de la Croix du Combattant.
De nombreux participants, soudés par la même volonté, s’étaient donc, donnés rendez-vous en ce 11 novembre au monument aux morts, grâce en partie, au dévouement et à la conscience d’Henri.

Des textes lus par des descendants des « Poilus »

Maurice, Eliane, Ghislaine, Monique, Alain, Joseph le plus ancien et Ambre la plus jeune, ont ainsi lu leur texte retraçant la vie de leurs aïeux dans les garnisons, dans les tranchées. Des textes, plus émouvants les uns que les autres, mais tous, rappelant les souffrances subies. Dans la voix de chacun des lecteurs, l’émotion était vive, forte, poignante. Elle se ressentait comme des cisailles qui sont venues implacablement, couper toutes ces vies dans la force de l’âge. À l’âge, où l’horizon, est l’espoir d’une vie de charme, ou le soleil brille de ses mille feux, ou il se couche pour raconter de belles histoires.
Ambre, la plus jeune, devait de sa petite voix déjà pleine d’assurance, montrer sa détermination à ne pas oublier son aïeul tombé pour quelle puisse vivre et espérer dans la paix.
Joseph, le doyen, avec son expérience, son savoir, sa sagesse, devait amener ce plus indispensable à la réflexion. Il devait également montrer la nécessité d’acquérir sans cesse, de nouveaux arguments permettant de dire non, à jamais, à la guerre.
Cette belle matinée commémorative, devait se terminer par un apéritif dînatoire offert par la municipalité.
Sydney HUILLET, le premier magistrat, ne devait pas manquer d’éloges mérités, envers Henri et le féliciter bien chaleureusement pour son engagement dans cette voix du souvenir. Dans cette voix pour dire résolument non à la guerre.
Avec de telles bonnes volontés affirmées, nous sommes en droit d’espérer.

Joseph JOURDA