C’est plus de dix ans après les premières plaintes que « l’affaire du curé Jean-Marie SAVIOZ », le prêtre de la paroisse Saint-Joseph située dans le quartier de la Gare, à Perpignan, sera examinée devant la cour d’Assises de Perpignan, ce lundi 25 février.
L’abbé SAVIOZ est « accusé de viol commis par une personne abusant de l’autorité que lui confère sa fonction, d’agression sexuelle par personne abusant de l’autorité que lui confère sa fonction, de corruption de mineur de 15 ans ».

Assisté par Maitre Philippe CAPSIE, l’abbé SAVIOZ devra répondre sur les faits qui lui sont reprochés tout au long de la semaine et ce devant une quinzaine de témoins appelés à la barre.
Parmi ces témoins : cinq prêtres ou religieux, un évèque, des anciens scouts de la paroisse, des anciens responsables des scouts de France, des officiers de police… et encore d’ex-paroissiens/ animateurs liturgiques et catéchistes, ayant tous eu des contacts avec le religieux. Ils seront seize exactement à être appelés à la barre du Tribunal de Grande Instance de Perpignan, majoritairement des hommes.

Les premières plaintes proviennent de jeunes scouts ayant eu des contacts avec le curé originaire de Suisse, lorsque ce dernier officiait à Canet-en-Roussillon, il y a quinze ans. Le prêtre aurait alors été en contact avec des jeunes adolescents qui eux-mêmes se seraient installés sur Perpignan, avec leurs parents, lorsque ce dernier a été muté à la paroisse Saint-Joseph, en 2006. Ces ados auraient alors continué de le fréquenter, jusqu’au jour où l’un des jeunes a décidé de déposer une plainte.

Plusieurs témoins ont été entendus depuis dix ans. De son côté, le religieux nie en bloc toutes ces accusations.

Précisons que les témoignages proviennent pour la plupart de personnes ayant eu des contacts avec l’abbé à Saint-Joseph et non à Canet-en-Roussillon.
Pour être complet sur ce dossier, rappelons à ce stade de la justice que l’abbé Jean-Marie SAVIOZ bénéficie évidemment de la présomption d’innocence tant que sa culpabilité n’a pas été légalement démontrée. Il avait été démis de sa fonction de prêtre dès le lendemain de la première plainte déposée, par un jeune tout juste majeur. Ensuite, il a passé les dix dernières années dans un monastère trappiste, en Haute-Garonne.

D’ores et déjà, certains témoins appelés à la barre ont été sonnés par leur convocation ; dix ans après les faits !, nous pouvons les comprendre.

Simple témoin de la fonction du prêtre accusé, ou témoignages des victimes d’abus d’autorité, ou encore témoins de certains faits, le procès s’annonce déjà comme un procès empreint d’une profonde tristesse et de beaucoup d’amertume, car, selon des témoignages de fidèles : « l’abbé SAVIOZ fût un prêtre très apprécié, engagé et très investi au sein même de sa paroisse ».

Lors de messes dominicales locales, une lettre de l’évêque de Perpignan-Elne a été lue : ce dernier demande « à ce que l’on prie pour les victimes d’abus sexuel et pour le procès ».
Il faut enfin  préciser que l’abbé SAVIOZ avait en charge et en responsabilité une paroisse très importante. Depuis son départ, cette paroisse a été abandonnée et c’est la communauté de la Croix Glorieuse qui s’occupe désormais de cette église, ce qui est loin de faire l’unanimité parmi les fidèles paroissiens. Pour l’heure, cette paroisse est en déclin, seule une trentaine de personnes sont encore présentes à la messe anticipée, les animateurs liturgiques et le conseil économique ont jeté l’éponge dès l’arrivée de ladite communauté.