Pendant plus de trois décennies, de la fin des années 80 jusqu’aux années 2010 et des poussières, depuis la place des Poilus jusqu’à la rue du Théâtre, en passant par la place Gambetta, Jean-Pierre SECALL, dit « Le Baron », derrière son comptoir, a fait et défait la vie perpignanaise. Il nous a quittés en début de semaine dernière, ses obsèques ont eu lieu vendredi 22 février 2019.
Place des Poilus, d’abord, au café Le Chat Noir, il a fourni au monde de la presse les meilleures brèves de comptoir.
Place Gambetta, ensuite, au bar-restaurant Le Saint-Jean, collé à la cathédrale, il a inventé avant l’heure (apéritive) la bistronomie.
Rue du Théâtre, enfin, dans sa « Cour du Baron », au carrefour des moeurs et coutumes perpignanaises, il a recréé l’ambiance de la « tafureria du Toro », où les clients, plutôt des amis, se bousculaient devant le zinc pour être aux premières loges du one-man-show quotidien du Baron.
On lui doit, par exemple la création de la commune Libre des Poilus, qui a permis à un conseil municipal éphémère (composé pourtant de véritables élus perpignanais de l’époque !) de se rendre en Aveyron, sur la Côte d’Azur, pour promouvoir la Cité catalane dans tous ses excès.
Brillant et grognard derrière ses lunettes jouant sur son nez comme un enfant sur un toboggan, il se montrait plein de sève et de vigueur, débordant d’esprit et d’un enthousiasme festif que seul le bon vin sait promouvoir. Les vins d’ici lui doivent beaucoup, énormément. Cela ne l’empêchait pas de conseiller un Pouilly fumé, fuissé, ou un Brouilly lorsque son humeur s’invitait sur un plat particulier. Et dans ces cas-là, Le Baron était toujours convaincant.
Il a toujours vécu, dans son antre, en plein débordement de vie, manifestant tel un chansonnier du plaisir dans l’amusement public.
Pour être complet sur le personnage, il faut savoir rendre à Denise, sa merveilleuse épouse, le rôle essentiel qu’elle a tenu à ses côtés, et qui a permis au Baron ce « pittoresque » gouleyant et sa couleur que celles et ceux qui ont eu le Bonheur de le connaître n’oublieront jamais.

 

 

Jean-Pierre SECALL, dit « Le Baron », au bras de Mme Marie-Cécile PONS, alors adjointe du maire Paul ALDUY en charge de l’Environnement, lors de la création de la Commune Libre de la Place des Poilus