Le préfet des Pyrénées-Orientales, Philippe VIGNES, communique sur la sécurité routière : « La sécurité routière doit plus que jamais être l’affaire de tous ! »

« L’année 2017 a été marquée par une augmentation de la mortalité sur nos routes : 32 tués auxquels s’ajoutent les 6 victimes de l’accident de Millas contre 28 en 2016, soit 31 accidents mortels en 2017 pour 27 en 2016. C’est inacceptable, alors que le nombre de tués sur les routes, diminue dans le même temps sur l’espace métropolitain. Le tragique accident de Millas a aggravé cette tendance mais n’en est pas à l’origine. Plus globalement, le nombre d’accidents a augmenté de 7 % dans les Pyrénées-Orientales entre 2016 et 2017. La mortalité a fortement augmenté sur la tranche d’age 8-35 ans, elle reste élevée chez les séniors.
L’essentiel des accidents se situent sur les routes départementales. Cet élément est cohérent au regard du fait que l’essentiel du trafic routier est supporté par ce réseau. La grande qualité des voiries permet de contenir largement l’accidentalité dont les causes sont le plus souvent liées au comportement des usagers.
En effet, les trois premières causes d’accidents mortels sont liées à la consommation d’alcool et de stupéfiants (42%), à la perte de contrôle (19%) et à la vitesse (16%).
L’évolution de l’accidentalité met clairement en évidence un relâchement des comportements individuels et en appelle à la responsabilité de chacun. D’autant que grâce à la mobilisation de tous, des progrès avaient été observés dans les décennies précédentes.
Dans ces conditions, les contrôles des services de police et de gendarmerie ne peuvent que se poursuivre tant que les comportements individuels n’évolueront pas. 72 736 infractions ont été relevées en 2017 dans le département des P-O, dont 37 823 pour la vitesse.
Les dix-huit mesures du Comité Interministériel de la Sécurité Routière fixent une nouvelle stratégie à décliner au niveau local, dont l’une des mesures phares est la diminution de la vitesse de 90 km/h à 80 km/h.

Les GRANDES LIGNES DES 18 mesures adoptées lors du Comité interministériel de la sécurité routière (CISR) du 9 janvier 2018

En ce qui concerne la vitesse, en cause dans 1 accident mortel sur 3, son abaissement de 90 à 80 km/h sur les routes à double sens sans séparateur central vise à mieux protéger les usagers du réseau secondaire, qui concentre plus de la moitié des tués.

S’agissant de la lutte contre l’abus d’alcool au volant, plusieurs mesures fortes ont été adoptées :

  • l’obligation de pose d’un éthylotest antidémarrage (EAD) avec suivi médico-psychologique, en cas de récidive d’infraction de conduite en état alcoolique, ainsi que la possibilité donnée à un conducteur contrôlé à un taux d’alcool supérieur à 0,8 g/l, dont le permis a été suspendu par décision préfectorale, de conduire pendant le temps de la suspension un véhicule équipé à ses frais d’un EAD.
  • l’incitation à l’autoévaluation, à travers l’engagement de l’État dans la multiplication des partenariats avec les responsables de débits de boissons alcoolisées pour mettre des éthylotests à disposition de leur clientèle et généraliser leur vente à proximité des rayons de boissons alcoolisées dans tous les établissements de boissons à emporter.
  • la possibilité donnée aux forces de l’ordre de se rendre indétectables sur les applications communautaires embarquées pendant les contrôles d’alcoolémie et de stupéfiants.

Par ailleurs, la rétention du permis de conduire pour un usager qui tient son téléphone en conduisant et commet une autre infraction vise à lutter contre l’inattention au volant, facteur en cause dans un accident corporel sur 10.

S’agissant des deux-roues motorisé, la modernisation des modalités d’examen du permis de conduire pour les catégories A1 et A2, ainsi que du contenu de la formation de 7h pour la conduite des motocyclettes, apporte une réponse à la forte hausse de la mortalité des jeunes motocyclistes relevée l’an passé.

Enfin, l’accompagnement de la pratique du vélo, dès l’école, et l’augmentation de la sensibilisation des adultes est en cohérence avec l’augmentation constante de la mortalité cycliste depuis 2010″.