Il est le chef d’entreprise perpignanais sans aucun doute le plus médiatique du moment. Estampillé « MOF » (Meilleur Ouvrier de France), sa réputation est internationale, surtout depuis qu’il collectionne les titres, distinctions et récompenses en tous genres. De lui, ses pairs n’hésitent pas à dire que c’est un génie. La haute-bourgeoisie perpignanaise ne parle que de lui, surtout à l’occasion de dîners en ville où il est de bon ton de l’introduire à sa table…

Seulement voilà, ce succès lui aurait-il fait tourner la tête ?

Ce chef d’entreprise reçoit dans ses ateliers beaucoup de stagiaires, essentiellement en provenance du Japon. Ceux-ci paient la coquette somme de 19 500 euros pour recevoir pendant six mois l’enseignement du grand maître dans sa spécialité.

Sur place, au Pays du Soleil Levant, une personne, qui pourrait être qualifiée de sorte de rabatteur, est chargée pour le compte du chef d’entreprise perpignanais de recruter les stagiaires. Il s’agit souvent de jeunes gens de condition modeste, attirés par le savoir-faire français dans un secteur où notre pays excelle bien évidemment, notamment, et qui n’hésitent pas à s’endetter lourdement pour s’offrir ce fameux stage et tous les à-côtés.

Car il n’y a pas que le stage de 19 500 euros pour six mois à régler. Le stagiaire japonais doit aussi s’acquitter du prix du voyage… et, une fois sur place à Perpignan, se loger par ses propres moyens ainsi qu’assurer tous ses frais annexes.

En stage, au plutôt au boulot, d’après de nombreux témoignages, le stagiaire bosse six jours sur sept dans l’arrière-boutique du MOF – il n’a qu’un jour de repos par semaine – et commence tous les matins à 5 h, sans compter ses heures, comme on l’imagine… Il reçoit tout de même un « salaire » mensuel de : 436,05 euros. Il s’agit là d’une « gratification ». Comme on vous l’écrit.

De toutes façons, après tout, les stagiaires japonais qui viendraient se plaindre aujourd’hui n’avaient qu’à bien lire la « Convention de formation professionnelle en entreprise », car tout y est bien précisé dessus. Enfin, tout ce qui est légal au regard de la loi des 35 heures hebdomadaires, bien sûr… Une convention tout à fait légale, puisqu’elle porte le sceau du Préfet de Région…

Pour le reste, on ne vous en dira pas plus « car le stagiaire est tenu au secret professionnel ».