(Elie WIESEL invité du CML/ Centre Méditerranéen de Littérature – septembre 2008)

 

Rescapé des camps nazis et prix Nobel de la paix, l’écrivain juif américain s’est éteint hier, samedi 2 juillet 2016, à 87 ans, après une vie à perpétuer la mémoire de l’Holocauste. Le CML l’avait invité le 3 septembre 2008 à Perpignan  et Rivesaltes  à l’occasion de la présentation de son livre «Le cas Sonderberg» (Grasset).

Cet immense écrivain qui aurait pu également recevoir le prix Nobel de Littérature était avec Primo Lévy et  Imre Kertész, l’un des rares, à avoir pu mettre des mots sur l’horreur de la Shoah. Ce fut un immense honneur pour le CML de recevoir à Perpignan ce grand militant des causes justes qui se mobilisa on s’en souvient pour les Rwandais, les Darfouris ou les Cambodgiens. L’émotion fut à son comble lorsqu’Elie WIESEL se rendit ce 3 septembre 2008, en présence de Christian BOURQUIN sur le site du futur Mémorial du Camp de Rivesaltes. Son passage en Roussillon prit alors toute sa dimension.
Elie WIESEL nous apprit que les parents de sa femme y avaient été internés. Il le révéla avec des mots simples et émouvants au milieu des baraquements effondrés de l’îlot F : « Ce que j’éprouve envers vous, dit-il c’est un sentiment de gratitude, je suis bouleversé de me trouver là. Ici, on sent le poids d’un passé, on n’est pas seul, des gens sont passés ici, il y a des regards qui restent. Il faut tout faire pour que ça devienne un vrai lieu de mémoire».
Ces mots du président du Musée Mémorial Holocauste des Etats-Unis d’Amérique résonnèrent alors comme une promesse qui s’est depuis réalisée. Lors d’un entretien avec Antoine de GAUDEMAR en octobre 1983, Elie WIESEL eut ces mots : « La mort, c’est le regard des vivants ». Les morts ne sont vraiment morts que lorsque les vivants les ont oubliés. Elie WIESEL vous êtes à jamais dans notre cœur, nous ne vous oublierons jamais.