« Le vendredi est jour de marché dans notre village. Campagne électorale oblige, le 27 au matin, nous avons rencontré divers candidats à la promenade des platanes. Le vent fort et un temps maussade, annonçant le mois de mars, s’étaient invités aux rendez-vous des prétendants. C’est ainsi que nous avons pu dialoguer avec les candidats présents. André Bascou ( maire de Rivesaltes) et Marie Claude Grégoire (ancien maire de Salses, conseillère municipale et communautaire) accompagnés de Pierre Contet (conseiller municipal à Estagel, remplaçant). Nous avons déjà rendu compte dans Ouillade de leur passage dans notre commune. Nous n’y reviendrons pas si ce n’est pour noter leur bonne humeur ainsi que celle des personnes les accompagnant.
L’autre « binôme » était celui de Charles Chivilo,(maire de Maury, président de la Communauté de commune Agly-Fenouillèdes) et de Lola Beuze habitant au mas de Jau une partie de la semaine et le weeek-end à Maury.
Bien sûr, nous avons tenu à connaître leurs positions sur les multiples problèmes concernant notre village. Nous sommes restés sur notre faim en ce qui concerne l’immédiat. C’est-à-dire la « boulangerie industrielle », le passage au privé, si les élus de l’opposition et la population n’avaient pas été vigilants, d’une partie du service public de la commune. Monsieur Chivilo se repliant prudemment derrière le : « je ne peux pas parler à la place de votre maire ». Nous pouvons comprendre cette position même si nous pensons que lorsqu’il est question du service public, une position franche et sans ambiguïté doit être de mise. Passons ! Le problème est que nous n’avons pas pu poser la question au maire. Il était absent. Nous avons du mal à comprendre comment notre premier magistrat qui soutiens, pour ce que nous en savons, la candidature de la « Majorité départementale » ait pu être ailleurs. Tout comme les élus estagellois, qui ont brillé par leur non participation à cette rencontre avec les citoyens. À chacun de juger. Nous devons dire tout de même, qu’à la place des candidats concernés, nous aurions été un tant soit peu vexes. C’est leur problème n’est-ce pas ?

Si le maire de Maury a montré son envie de dialogue, nous devons dire qu’il n’en a rien été de la part de ses accompagnateurs qui avaient l’invective et la provocation aux lèvres. Ainsi, un ancien adhérent du PCF ayant eu des responsabilités et présent inopportunément à ces entretiens, s’est vu affublé de tous les noms d’oiseaux. Entre autres celui de renégat parce qu’il n’a plus la carte du PCF. Ce dernier, à notre souvenir, a expliqué publiquement, par écrit, en toute simplicité et honnête son éloignement du PCF. D’après ce que nous savons, cet engagement militant a été sa vie pendant 42 ans. Chapeau bas !

Cela vaut la peine pensons-nous, de nous arrêter quelques lignes sur cet épisode peu glorieux. Dans le Petit Larousse, la définition de renégat est la suivante : « personne qui renie ses opinions, ou trahit son pays ». L’emploi de ce mot nous semble donc disproportionné. En effet, la question posée est la suivante. Comment devons nous considérer Malraux et Sartre qui pour un temps, ont été proches du PCF. Il en est de même pour Camus, et Régine Desforges adhérents de ce parti. Pour cette dernière, journaliste à l’Humanité. Par la suite, ils ont tous pris leurs distances. Dans un autre registre plus contemporain, que doivent penser les socialistes de Monsieur Mélenchon qui fut ministre ? La personne concernée, devait nous dire en aparté, que ceux qui à la limite, pourraient être interpellés de la sorte surtout parce que se réclamant de gauche, sont ceux qui laissent pendant des mois un exilé économique venu d’Espagne, dormir dans sa voiture sur cette même promenade. Ceux qui sont près à brader le service public en le confiant à un privé. Ceux qui signent des permis de construire pouvant entraîner la désespérance chez les commerçants concernés, affaiblissant ainsi le commerce local déjà mal en point. Ceux qui n’ont pas compris qu’un parti qui revendique le titre de Révolutionnaire, ce doit d’avoir des permanents rémunérés par le parti. Ces derniers semblant être une cible pour un des intervenants. Ce dernier, semble ne pas beaucoup apprécier ceux qui par esprit militant, par dévouement, par idéal, décident de consacrer une partie de leur vie à un parti. Ceux qui, pour écourter nos propos, ne savent plus se situer par rapport à la lutte de classe qui n’a jamais été aussi exacerbée. Enfin, comme il devait le dire un sourire à la commissure des lèvres, ceux qui savent leur journal en difficulté (-5,86 % de lecteurs en 2014) et qui ne versent pas à la souscription ouverte depuis le mois de décembre. « Moi, j’ai souscrit » devait-il nous avouer. (renseignement pris, trois personnes seulement auraient souscrit à Estagel). Nous ajouterons, que c’est tout à son honneur de montrer sa détermination à défendre le pluralisme de la presse en général et du journal « l’Humanité » en particulier. Nous conclurons cet épisode mal à propos en disant que les donneurs de leçons ne sont pas toujours les payeurs. Mais de cela tout le monde est convaincu.
Pour terminer enfin, nous souhaitons dire que lorsque nous écrivons pour rendre compte aux lecteurs de tel ou tel événement, nous le faisons en rapportant ce que nous avons vu, entendu. Bien évidemment, intervient le « comment » nous vivons personnellement la situation. Nous ne pouvons pas dire que l’événement été gaie, s’il été triste à mourir ou le contraire. 
C’est une question de déontologie, d’honnêteté, il nous semble ».