« L’hypothétique installation d’une « boulangerie industrielle » dans notre village, a fait couler de l’encre rouge, verte, bleue. Déverser un flot de paroles, remué les sangs, glacer d’effroi tous ceux qui ne veulent pas se soumettre à l’argent roi, à la précarité, au « manger » fabriqué dans une usine, fût-elle illuminée par un quelconque arc-en-ciel aux vertus indéterminées du « je n’y peux rien, j’ai été obligé ».

Nous avons pu constater dans le journal local du 25 février dernier, que le maire de Cerbère, sous la pression d’associations, a dû renoncer à un projet immobilier. En passant, nous tenons à dire bravo à ces organisations. Le maire a donc été contraint de retirer un permis de construire. Certes, cette situation n’a rien de semblable avec celle de notre cité, mais elles ont tout de même des points communs. Un de ceux-ci, est que le maire de notre commune comme ceux de toutes les autres, ne signe pas un permis de construire avec un revolver sur la tempe. Il peut refuser et c’est parfois un devoir de le faire. Dire autre chose, c’est apporter de l’eau au moulin à l’idée selon laquelle un maire n’aurait aucun pouvoir sinon celui de se conformer à la loi. Il n’y aurait plus qu’un pas pour abonder dans le sens de la disparition des communes et la mise en place de fonctionnaires qui viendraient remplacer les maires. Les femmes, les hommes de progrès ne peuvent pas prendre cette orientation. C’est un sens interdit, une voie de garage, une impasse qui pourrait être lourde de conséquences, qui priverait les générations futures de toute prérogative. La démocratie municipale est une idée neuve qu’il faut conforter, amener plus loin encore, rendre plus vivante en l’aidant à vivre au plus près du citoyen. Un élu peut trouver toute sa dimension en agissant dans ce sens, peut s’épanouir vraiment en étant à la recherche d’une plus grande efficacité de cette notion si noble de servir une population, un idéal, une cause.

Un autre point commun, est le retrait du permis de construire à Cerbère. Pourquoi n’en serait-il pas de même à Estagel pour « la

boulangerie industrielle » ? La population devra-t-elle venir manifester devant la mairie, envahir les locaux municipaux ? Si cela devait devenir une réalité, les personnes concernées n’iraient pas demander l’avis au maire pour se rassembler, soyons en sûrs. Madame la Préfète soyons en tout autant persuadés, réagirait certainement.

Une chose est certaine. Si la volonté existe, le permis de construire peut-être retiré sans aucune pression, sans aucun objet suspendu au-dessus de la tête du maire ou plaqué contre son front. Nous allons attendre la suite.

 

Nous sommes sereins, car nous avons l’optimisme chevillé au cœur. Nous avons confiance en l’avenir, confiance en l’homme. Nous sommes persuadés que cette nouvelle proposition retiendra l’attention des élus : retirer le permis de construire de la boulangerie à l’entrée d’Estagel ».