Ce lundi 15 février 2016, à 16h, sur le parking du collège. Dame tramontane s’est invitée. Elle passe sans s’arrêter, laissant les joues rosies et l’esprit alerte. Quelques gamins attendant leurs parents, jouent à la corrida avec une « muleta » pas franchement aux couleurs traditionnelles. Un taureau de légende est face à eux. Il faut bien que l’enfance se passe. L’heure n’est pas à la construction d’une arène. Les « aficionados » sont trop peu nombreux.

Presque tous les élus sont là, ceints de leurs écharpes pour le maire et les adjoints. Avec leur bonne volonté pour les autres, dont les élus de l’opposition. À leur tête Pierre CONTET. Quelques parents attendant leur progéniture sont là également. Ce n’est pas une manifestation de force. Pourtant, l’instant est important. Un mauvais coup est en train de se perpétrer contre le village, l’école.

La ruralité : une école, une mairie, une cave

Nos milieux ruraux, au fil des siècles, se sont construits autour de l’école, de la mairie, de la cave, mais aussi de l’église. Porter des coups à l’un, c’est faire souffrir l’autre, mettre l’ensemble en danger. Nous connaissons les difficultés inhérentes au monde rural.

Arrive un moment ou l’insupportable doit s’arrêter, ou les limites sont atteintes. Il en est ainsi de la classe du premier degré qui ne devrait pas ouvrir ses portes à la rentrée 2016.

Pourtant, la municipalité semble avoir entrepris des travaux permettant d’espérer de ne pas devoir subir les affres d’une politique de l’enseignement avec un budget en régression, des enseignants en moins.

Mais voilà, en haut lieu, il en a été décidé autrement sans concertation semble-t-il. Et ce, malgré une légère augmentation de la population, 5 % environ. Le nombre d’élèves, d’après les chiffres de l’académie, sont en recul.

Les propos du maire Roger FERRER (PCF)

Celui-ci devait rappeler qu’un courrier adressé à l’inspecteur d’académie en date du 21 janvier 2016, montrait l’inquiétude de la municipalité.

Il montrait aussi les atouts du village justifiant une classe supplémentaire programmée six mois avant, car les chiffres de l’administration étaient en augmentation à ce moment-là.

Dans cette perspective, le Conseil municipal, sur son budget propre, avait décidé d’investir dans une classe en préfabriqué. Coût de l’opération, 100 000 euros à placer dans le registre des pertes si la situation devait devenir effective.

Le maire, fort mécontent, se sentant méprisé, et sentant sa crédibilité en danger, devait s’insurger devant une administration qui le trimbale d’après ces dires. Inquiet aussi face à une population qui est en droit de réclamer des comptes.
Un parent d’élèves, en aparté devait nous confier : « S’il ne veut pas perdre sa crédibilité, il faut qu’il s’insurge contre le gouvernement et non pas contre un fonctionnaire ».
Ayant terminé la lecture de la motion devant l’assemblée, remise à l’inspecteur un peu avant, monsieur Ferrer devait préciser : « Nous vivons la culture de l’argent, avant la culture du savoir ». Comme nous le comprenons !

Ne plus assister aux réunions ? Pourquoi ?

Le premier magistrat, bien décidé à ne pas en rester là, devait annoncer qu’il ne participerait plus aux différentes réunions afférentes aux problèmes de l’école. Une mesure de rétorsion, en quelque sorte, envers l’administration. « Tu me méprises et bien moi aussi » semble dire cette décision. Il devait également appeler les parents d’élèves à le suivre dans cette démarche, avant de les inviter à prendre en compte l’exemple que venait de donner le Conseil municipal. La balle est donc dans leur camp.
Qu’elles décisions d’actions vont être prises, avec les élus ? Sans les élus ? Les parents seuls ? L’avenir nous le dira. Une chose semble toutefois certaine : il ne peut plus y avoir de compromission pour la défense du service public, quel qu’il soit, dans le milieu rural. C’est toute une économie qui est en jeu. C’est toute une population qui est concernée.

Joseph JOURDA.