Emporté par un bouillonnement lumineux, étincelant, resplendissant, plein de vigueur et de charme, de romantisme aussi, voilà l’année 2018 reléguée aux oubliettes d’un monde perdu qui ne reviendra jamais.

Une seule note ô combien empreinte de lucidité, restera dans les mémoires de cette année funeste, ou les gouvernants ont cru les producteurs de richesses infantilisés à jamais. Quelques images resteront. Quelques clichés indélébiles de Gilets jaunes qui entament l’année nouvelle dans un esprit de bienveillance, d’humanisme, de paix, de liberté retrouvée.

Aux grincheux restés en rade

N’en déplaise à certains grincheux, comme toujours à la recherche d’une promotion sociale qui n’arrivera jamais, qui finalement n’ont jamais vécu, jamais aimé que leurs animaux domestiques qu’ils tiennent en laisse, les privant ainsi de liberté, les empêchant de vivre leur vie d’animaux heureux, l’année 2019 s’annonce sous les meilleurs hospices. (heureusement, tous les propriétaires d’animaux domestiques n’ont pas cette conception.)
Le peuple, grâce aux Gilets jaunes, est enfin descendu dans la rue. Il a pris possession de son dû, c’est-à-dire la maîtrise de l’avenir du pays, l’avenir des générations futures, l’avenir de ses enfants. Il veut donner un sens à la vie de cette jeunesse qui mérite mieux que le légendaire : « Travaille et tais toi ».

Notre village au passé glorieux

Notre village, a un passé glorieux, de patriotes rebelles aux destinées que l’on aurait voulu fabriquer à leur place. De Jacques Arago, aux embastillés au nombre de 41, à la suite du coup d’État du 2 décembre 1851 de Napoléon le petit, en passant par tous les Estagellois ayant participé à la révolte du « Midi Rouge » en 1907. Comme aux jeunes collégiens qui en 1968, sans écouter la voix de leurs maîtres, ont pris leurs responsabilités en fermant les portes du collège. Notre village a pris sa place dans cette actualité régénératrice. Un grand nombre d’Estagellois, se sont ainsi retrouvés à un moment ou à un autre, au rond-point du cadran solaire. Celui qui, finalement, donne la bonne température.
Sans oublier évidemment, la participation des vignerons du village, souvent accompagnés de la population, dans toutes les grandes manifestations vigneronnes des dernières décennies.

De Montpellier à Sète, en passant par Narbonne et Perpignan, la bannière du village a toujours été présente dans les cortèges pour défendre le droit de vivre dignement de son travail. Sans oublier les manifestations dans la cité même, ou des barrages, toujours filtrants et jamais violents, ont montré le chemin de la lutte à suivre, rejetant d’un revers de main le fatalisme. Montrant le chemin pour protéger une profession, pour défendre la ruralité et son économie première, la vigne et le vin.
Estagel, ou la population grâce à son franc parlé, parfois impulsive, il est vrai, est accueillante, prête aux compromis. L’essentiel bien compris, étant de créer les conditions pour vivre ensemble. Mais Estagel est un village où les citoyens ne s’en laissent pas compter. N’accepte pas la haine inutile, ni la violence des mots, surtout lorsqu’ils sont choisis pour faire mal.
Celui qui n’accepte pas cette façon de faire, qui n’accepte pas cette Vision du Monde, qui voudrait imposer la sienne, se rend vite compte qu’il n’a rien à faire au milieu de ces irréductibles de la pensée souveraine, au milieu de ces êtres fiers et nobles que sont les Estagelloises et les Estagellois. Leur place est ailleurs certainement, mais pas avec des citoyens épris de justice de liberté et de Paix.

Les vœux du maire et du Conseil municipal

Dans quelques jours, le Conseil municipal, avec à sa tête notre maire (ex PCF, divers gauche aujourd’hui), va venir souhaiter le nouvel an à la population.
Nos édiles, sauront-ils, en dehors des sempiternelles louanges à leurs réalisations dont nous n’avons plus de nouvelles depuis avril 2018, mettre en exergue la chance d’avoir des vignerons qui ont montré une fois de plus, le chemin à prendre pour faire converger les luttes ? Sauront-ils apprécier à sa juste valeur, malgré ses faiblesses certaines, ce mouvement des Gilets jaunes venu perturber un ordre que certains croyaient inamovible ? Que certains encore abominent, car ils souhaitent garder leurs privilèges même ceux démesurément petits. Sauront-ils choisir leur camp et dire non au pouvoir macronien qui espère par leur intermédiaire résorber la contestation légitime ? Sauront-ils être dignes de leurs aînés qui ont toujours choisi le chemin de la lutte contre celui de la passivité destructrice des valeurs de la République ? Sauront-ils se montrer dignes devant l’immensité de la tâche, pour aider nos concitoyens à retrouver leur fierté, leur dignité, le pouvoir d’achat permettant de vivre, tout simplement ?
Ou alors, se contenteront-ils d’accepter le mépris des gouvernants envers eux et les leurs ? L’avenir proche va être fertile en annonces. Nous resterons vigilants.
Ceci dit, et le reste à exprimer, nous vous présentons nos meilleurs vœux pour l’année 2019 qui s’annonce belle au regard de la détermination de ceux qui se lèvent avec la seule prétention de vouloir vivre décemment.

Joseph JOURDA.