-« Celui qui contrôle la peur des gens, maîtrise leur âme ». C’est Machiavel*, inventeur de la politique nouvelle qui disait cela. Nous nous sommes aperçus que plus ou moins, tous, nous avons tremblé, ou tremblons encore, à l’annonce de ce virus

 

Rien de plus normal, lorsque les informations sur ce sujet occupent toutes les rédactions de la presse écrite et parlée du matin au soir. Rien de plus normal, car la peur est un sentiment humain. Là ou les choses ne sont plus normales, c’est que personne, ne sorte du lot pour apporter autre chose.

Personne pour rassurer, montrant ainsi une volonté d’appréhender cette situation d’une manière digne et responsable capable de rassembler les gens en lieu et place de les écarter.

Tout semble être fait, comme si une décision avait pu être prise de gaver le bon peuple d’une seule et même idée : pour vous préserver, ainsi que vos proches, restez chez vous, ne dialoguez plus.

 

 

Dans nos villages, les langues se délient

 

 

Jusqu’à ces derniers jours, nous n’avons eu droit qu’à des interdits et des obligations. Piscines fermées, bistrots fermés, réunions de familles interdites, pas de rassemblement de plus de six personnes etc., etc. Obligation du port du masque, obligation avec le couvre-feu de rester chez soi de 21h à 6h.

Rien pour amener un semblant de perspective, rien pour donner de l’espoir, du rêve. Pourtant, le rêve est le propre de l’homme. Sans lui, nous voilà ravalés au rang de la bête. Il faut savoir que le chien, s’il rêve, n’en fait que de deux sortes. Ou qu’il est poursuivi, ou qu’il poursuit.

Aujourd’hui, sans avoir tous les éléments pour analyser cette situation, les citoyens s’interrogent tous les jours un peu plus. Ils ne veulent pas ressembler aux moutons que l’on parque dans un enclos avec une botte de paille. Ils ne veulent pas d’un gardien sensé les préserver d’un prédateur, mais qui dans le même temps surveille leur obéissance.

Il y a fortement à méditer sur ces réflexions nouvelles qui germent dans les têtes. Elles sont pourtant simples à analyser. Les citoyens en ont assez. Ils veulent autre chose. Vont-ils exiger ce droit ?
Avoir des garanties contre le virus, oui. Mais pas au prix d’un manque de liberté collective ou individuelle. Ils veulent entendre des propos réfléchis, bienveillants, apportant une note d’espoir.
Si les élus, dans nos villages, nos cités, n’ont pas conscience de cela, le matin, ils peuvent rester au lit.
Préserver les populations d’un danger quel qu’il soit, passe aussi par des actes forts à leurs côtés. Aujourd’hui, il est question de rassurer.

-« Est-il de plus belle richesse que de vivre joyeux et tranquille, sans inquiétude ni soucis ». Thomas More** (1478-1535) dans « Utopia ».

 

Joseph Jourda

 

 

*Nicolas Machiavel (en italien : Niccolò di Bernardo dei Machiavelli) est un penseur humaniste florentin de la Renaissance, né le 3 mai 1469 à Florence, ville où il meurt le 21 juin 1527. Philosophe politique de première importance, il est l’un des fondateurs de la politique moderne.

**Thomas More (7 février 1478, Londres – 6 juillet 1535, Londres), fut un juriste, historien, philosophe, humaniste, théologien et homme politique anglais. Thomas More est également resté célèbre pour son texte fondamental, « L’Utopie », écrit en latin et dans lequel il dénonce la tyrannie du système politique.