Michel Descossy et Joseph (« Jojo ») Pous, co-auteurs de « Couleurs de Collioure », paru en 2009 aux éditions Equinoxe/ Impressions du sud.

Hier en début d’après-midi, il y avait beaucoup, beaucoup, beaucoup de monde dans et aux abords de l’église de Collioure, pour rendre un dernier hommage à Joseph Pous, dit « Jojo », qui s’est éteint mercredi soir, à son domicile, à l’âge de 86 ans.

La foule était impressionnante. Tant par par sa quantité que par le silence qui s’en dégageait. Tout le village, ou presque, était descendu jusqu’à l’église pour accompagner celui qui incarnait à la fois le père, le fils et le guide de toute une époque.

Aux côtés de la famille, des proches, se trouvait naturellement le maire de Collioure, Michel Moly, avec lequel Jojo aura commenté un ultime match de rugby avant d’aller s’asseoir pour l’éternité sur le banc des « fauves ». Il y avait aussi Pierrot Aylagas, le maire d’Argelès-sur-Mer et dans la foulée député de la circonscription, qui n’a jamais manqué un 16 août à l’auberge des Templiers (propriété de la famille Pous) depuis (…) ; le sénateur et président de la Région Languedoc-Roussillon, Christian Bourquin.

Il ne faudra jamais, jamais !, oublier combien et comment son action individuelle a marqué le siècle à Collioure, en Côte Vermeille, sous le soleil et les couleurs du Roussillon exactement. Son accent chantant, ses yeux couleur Méditerranée, sa générosité de coeur et sa profondeur d’âme, ont été autant d’attractions pour les dizaines de milliers de touristes avertis qui se sont succédé dans la « Perle » de la Côte catalane, sur les traces des artistes qui ont mis de la couleur et de la lumière dans la peinture en inventant le « fauvisme ».

Collioure et Jojo Pous, c’est plus qu’une banale histoire d’amour, même écrite avec un grand « A ». Rarement, un homme, n’aura consacré toute sa vie, son talent, son énergie, ses émotions, ses entrailles, à oeuvrer pour son village, dont il fut d’ailleurs un temps « l’élu ». Il était « le mode d’emploi » de Collioure !

Il y avait en lui, dans sa façon de dire les choses et d’écrire la vie, à la fois du Jean-Paul Sartre et du Stéphane Hessel, une manière effervescente d’explorer le quotidien en toute liberté. Jojo Pous avait en plus une qualité supplémentaire, même dans les moments douloureux, même dans les défaites (sportives) : il savait faire partager son optimisme excessif, à travers son légendaire et très hollywoodien sourire. Il était à la fois l’Art et la manière ; oui, c’est exactement cela.

Son esprit citoyen et en même temps son ouverture cosmopolite – il faisait partie de ces Catalans à l’action novatrice qui pour rien au monde n’opposeraient Barcelone à Paris – ne sont pas prêts de s’éteindre. La preuve (s’il le fallait) en est : toutes ces générations de Colliourencs confondues qui, hier, dans la foulée des obsèques, se sont ensuite retrouvés aux Templiers pour boire un verre. Toute la bande à Jojo était là, làlàlàlà !!!…