Les légendaires arènes démontées, cela n’a pas empêché le club taurin du Comité des fêtes local d’organiser sa propre – au sens propre comme au sens figuré – corrida, dans le cadre des traditionnelles Fêtes de Saint-Vincent de Collioure…

C’est face au célèbre Café Sola, au coeur du village, que la foule a littéralement harangué le matador Juan-Pablo Fabre, dit « El nino del Rimbau », venu en personne, avec ses groupies et aficionados de tous bords, porter une ultime estocade, tandis que la fanfare des Bizar’s lui apporter l’indispensable sérénité nécessaire pour que le maître se concentre sur son métier.

Autour du maire Michel Moly, le conseil municipal de Collioure rendait un vibrant hommage à El nino del Rimbau, soulignant lors d’un discours Dalinesque le prestigieux parcours du matador en revenant au travers d’anecdotes plus ou moins sulfureuses sur sa carrière remarquable : « Les idées qui sortent de l’ordinaire exigent une mise en scène extraordinaire », a souligné le 1er magistrat de la Perle de la Côte Vermeille, soulignant ainsi les belles et historiques performances de Juan-Pablo Fabre.

Performances également mises en valeur grâce à une poignée de toreros, aujourd’hui retirés dans des haciendas et fincas du côté de Vic-Fezensac, et qui avaient donc fait le déplacement depuis le Gers pour ériger ce grand moment en comédie à succès, porté par Brice de Banyuls.

Au diable l’austérité ! Sans arènes et sans animal, tout ce beau monde a quand même réussi à rendre le taureau par les cornes pour offrir au public la belle surprise estivale : un remède, certes éphémère et, quelque part, virtuel, à la morosité ambiante et à la longue cure d’austérité que l’on nous prédit tous les matins au réveil.

Beaucoup d’honneur, beaucoup de bonheur, pour un rituel autour d’une comédie humaine qui a permis à d’authentiques fêtards de démontrer, « en live », qu’être en fête d’est aussi avoir de l’humour… mais avec une touche de « franchitude » qui n’est pas passée inaperçue.

Celles et ceux, dans le clan des grincheux notamment, qui annonçaient (sans tambour ni trompette… car les fanfares elles, savent le bon côté des choses) la fin des Fêtes de Saint-Vincent de Collioure parce que « plus d’arènes », devront aller se plaindre ailleurs.

Avec ou sans arènes, les toreros et aficionados demeurent des Intouchables… avec une bonne opinion (publique) assurée, si l’on en juge par le respect et les réactions du public.

Comme le martelle Michel Moly à chacune de ses interventions justement en public : « Et Collioure sera toujours Collioure ! » !!!