Celle qui pourtant du haut de ses 24 ans s’était présentée comme « la mamie des miss », parce que ce soir-là sur le podium dressé sur le parking Méditerranée, à Banyuls-sur-Mer, elle était la plus âgée… a réussi pourtant à s’imposer pour décrocher le titre de Miss Roussillon 2012.

Pas moins de 14 candidates avaient été sélectionnées à travers tout le département des Pyrénées-Orientales pour cette belle finale qui s’est déroulée de 21h à 23h, hier soir,  devant quelque 5 000 personnes (contre 3 000 l’an dernier)… Ce concours de reines de beauté serait-il en train de s’ancrer dans le port de Banyuls-sur-Mer ? On pourrait le penser avec la forte affluence constatée d’une année sur l’autre…

Il est donc environ 21h, dimanche 5 août 2012, en baie de Banyuls-sur-Mer, lorsque le jury se met en place autour du maire, Jean Rède et de la décidément trop belle Sylvie Tellier (Qui a un air de ressemblance extraordinaire avec la nouvelle députée de la 3ème circonscription des P-O, Ségolène Neuville… C’est frappant et bluffant !). Il y a naturellement les partenaires, les représentants de sponsors locaux, des personnalités (Jacqueline Irles, maire de Villeneuve-de-la-Raho et vice-présidente de Perpignan-Méditerranée Communauté d’Agglomération), un styliste (Stéfane Rivelaygue)…

Les présentations ont lieu. On se « bisounourse » partout-partout. Hélène Rède, l’épouse de monsieur le maire, est débordée à l’accueil. Elle a en charge la responsabilité de recevoir les VIP et de les diriger vers leur carré : miss, sportifs, artistes du cru… ça se bouscule au portillon.

De l’autre côté du quai, ça chauffe aussi : le gérant d’une entreprise de location de jet-ski n’en finit pas de dégazer ses engins. Dix au total ! Tandis que le speaker annonce le programme, les jet-ski donnent de la voix. Frustrant à la fin, mais lui, visiblement, il s’en fout, il continue de vidanger ses jet-ski…

– 21h et des poussières : un sosie de Johnny (Hallyday), un certain Ritchy (?), entre en scène… Pas pour longtemps ! L’espace d’une (seule) chanson. En effet, la pluie menace, le présentateur fait une réapparition pour jouer la prudence : place aux 14 candidates ; ça commence sur un air de tango, elles défilent en robes de flamenco tandis que des pseudoFred Astaire jouent du taconeos avec les talons de leurs souliers vernis. On se croirait à la Bodeguita Chez Jackie et Jean-Christian. Le public est enthousiaste. Visiblement ça lui plait. Les organisateurs de la soirée ont tapé dans le mille. Olé ! 

Un vendeur de chouchou passe dans la foule. Et repasse. Sans succès. Le ciel est de plus en plus noir. Menaçant. Ola !

Deux ados excités sur les bords se lancent : « Allez Françoise ! T’es la plus belle ! ». Sauf erreur de ma part, il n’y a pas de Françoise parmi les candidates.

– 21h 30, les candidates doivent se présenter au jury… et devant le public. C’est un grand moment. De quoi mettre en forme le plus discret de nos humoristes. Nom, prénom, âge, lieu de résidence, niveau d’étude : tout y passe. Et les meilleures.

Sur les 14 concurrentes : 3 viennent d’Elne, 3 sont de Perpignan, 2 de Cabestany, une de Bages, une de Le Soler, une de Saint-Estève, une d’Alénya, une de Pia, une de Villelongue-de-la-Salanque… Mais aucune de Banyuls-sur-Mer, au grand dam de Jean Rède. Et aucune de la Côte Vermeille, au grand dam d’Hélène Rède. Ce sera pour l’année prochaine !, les console-t-on.

Le vendeur de chouchou revient. Le speaker également. Petit détail qui fait débat dans l’assistance : « C’est le présentateur qui est petit… Où ce sont les miss qui sont grandes ? ». Elles font effectivement en moyenne deux têtes de plus que le présentateur.

– 21h 40, les présentations sont terminées. Les miss méritent leur appellation. Elles sont belles. Certaines, même, vraiment très, très belles.

Le temps d’aller se changer, les miss sont remplacées sur scène par Pierre Marchand, aimablement prêté par un célèbre cabaret parisien (Le Lido) pour meubler l’espace. Il est introduit comme étant un champion, un grand artiste du cirque – jongleur, équilibriste… – car issu de l’école d’Annie Fratellini… Il sera en fait le héros de la soirée car il aura passé ses deux numéros à lutter contre la Tramontane qui à plusieurs reprises lui a volé ses ballons ! Ce type doit aimer les défis car, hier soir, sur le sol roussillonnais, face au vent, il a pris tous les risques…

– 21h 45, nos miss reviennent. Coucou les revoilou ! Elles sont toujours 14. La Tramontane n’a pas réussi à nous en enlever une. Ouf ! Cette fois-ci, c’est le troisième passage, le passage obligé en maillot de bain. Les jeunes mâles sont en rut… « J’adore le naturisme », lance un trentenaire avec sa gosse sur les épaules… A coups de smartphones et d’iPad ils tentent d’arracher certaines images… Malheureusement pour eux, maillot de bain ne signifie pas string. Et en plus : ce sont des maillots « une pièce ». Zut !

Très correctement vêtues, tout de blanc avec chapeau et canne à la main – un clin d’oeil à Monsieur Jean ? – les concurrentes défilent. Superbes ! La mise en scène est clinquante, audacieuse, originale. Tout cela a du charme, de la volupté, du style.

– 22h, c’est terminé pour le passage en maillot. Les miss peuvent aller se rhabiller, maintenant. Cela tombe bien il commence à faire frisquet en baie de Banyuls-sur-Mer.

Place au show ! Un spectacle que toutes les candidates ont pû préparer avec un chorégraphe, un metteur-en-scène.

– 23h, le jury a fait son choix. Le public aussi. Et la gagnante est… Marilou Cubaynes, 24 ans, de Cabestany. Elle portait le n° 7. Lors du premier passage, elle avait été la plus applaudie. Il n’y a pas eu photo, comme on dit. Les autres candidates n’ont pas démérité. Belles, belles, belles, elles aussi.

L’an passé, à Banyuls-sur-Mer, elle avait manqué le titre de « Miss Roussillon » d’un cheveu. Cela lui avait valu la place, sur le podium, de 1ère dauphine.

Sylvie Tellier est ravie. Dans sa robe lamée, à chacune de ses apparitions sur scène on aurait dit une sirène émergeant en baie de Banyuls-sur-Mer… Une icône qui pourrait servir de « phare » au nouveau Parc naturel marin du Golfe du Lion. Mélange d’Arielle Dombasle et de Vanessa ParadisSylvie Tellier est le rafraîchissement estival qui manquait à la Côte Vermeille. Elle est en plus très tendance dans sa « fashion » de diriger ses miss. Avec la non moins somptueuse Malika Menard, elles forment un duo spatial inoubliable !