Les obsèques de M. Claude Cymerman ont eu lieu le samedi 25 juillet 2015, à 10h, au cimetière d’Argelès-sur-Mer, en présence de la famille, d’amis et, entre autres personnalités locales : Pierre Aylagas (PS), député-maire d’Argelès-sur-Mer, Jean Carrère (PS), ancien maire d’Argelès et ex-conseiller régional, les conseillers municipaux Renaud Boisvert, Jean-Patrice Gautier et Bernard Rieu… et Charles Campigna (PS), ancien adjoint de la Commune d’Argelès en charge de l’Agriculture et des Sports.

La rédaction de Ouillade.eu présente ses plus sincères condoléances à son épouse, Pascale, ainsi qu’à leur fils Denis.

Voici ci-dessous le texte qui a été lu par un proche, à la demande de la famille, entre une chanson de Jordi Barre, et une chanson d’Alain Barrière…

« Mesdames, Messieurs,

Mme Pascale Cymerman m’a chargé de vous lire ces quelques mots :

Claude,

Le dernier hommage que ta famille et tes amis veulent te rendre, c’est une histoire d’amour entre le pays catalan et toi.

Ton père, Bernard Cymerman, exilé polonais, s’est installé à Perpignan et a épousé Julie Bonnet. Il fait construire une villa à Argelès Plage, rue des Palmiers, et c’est là que tu vois le jour le 4 février 1932.

Ce petit village naissant n’a alors que quelques maisons, et c’est dans des chemins terreux que tu joues dans ta petite enfance. Le village ne s’éveille que lorsqu’arrivent les Perpignanais en fin de semaine. Pour toi, ce sont des jours de fête car ta grand-mère, surnommée la Fina de Mart par les Argelésiens, vient auprès de toi, t’assied sur ses genoux et te parle en catalan. Tu ne comprends pas toujours ce qu’elle dit, mais tu adores l’entendre.

Le temps passe. Etudiant, tu pars faire tes études à Montpellier, puis, une fois diplômé, tu quittes les Pyrénées-Orientales et montes à Paris. La capitale te fascine. Mais tu t’éloignes de plus en plus, tu changes de continent et travailles à Buenos Aires, en Argentine. As-tu, durant toutes ces années, oublié ta bonne vieille terre catalane ? Pas du tout. Tu passes toutes tes vacances dans la maison familiale. Ta mission à l’étranger terminée, sept ans après, tu retournes à Paris où tu vivras jusqu’à la retraite. Mais Argelès te manque, alors tu adhères à l’association des « Catalans de Paris ».

Enfin, l’heure de la retraite sonne en 1994. Tu peux maintenant jouir à ta guise de ton coin de paradis. Mais l’été venu, tu sais que tu vas perdre ta tranquillité dans la station balnéaire. Cependant, tu ne capitules pas. Rien ni personne ne te délogera de ta villa.

Tu t’y installes définitivement en 2012. Tu t’éloignes de la littérature latino-américaine, ta spécialité de Professeur des Universités, et décides de sortir de l’ombre les romans d’un Catalan, Carlos de Lazerme, dont tu publieras une critique littéraire cette même année sous le titre : La prodigieuse verve verte de Carlos de Lazerme.

Mais ta santé se dégrade, et pourtant tu trouves le courage de faire quelques conférences. Ta passion pour la littérature te donne encore l’énergie pour lutter contre le mal. En 2014, tu es contraint de quitter ta villa. Te voici dans le centre de la France, mais ton cœur est resté sur la plage argelésienne. Les mots français t’échappent peu à peu, alors tu les remplaces par des mots catalans. Les jours s’écoulent. Tu sens que le moment de regagner Argelès est proche.

Ce jour est venu, Claude. Tu vas reposer dans le sein de cette terre que tu as tant aimée et qui va te couvrir pour l’éternité.

Je voudrais, pour finir, te dédier personnellement ces vers d’un autre grand amoureux de notre terre catalane, le poète Josep Sebastià Pons :

« De la mar a Canigó

Tot el cel de Rosselló

S’ésteixit de clarorblava.

Sempre el sol daurat s’hi clava.

Sempre hi flota la illusió

que al cel de Grèciaflotava…

Oh, ma terra, adéusiau ! » 

Amic, descansa en pau ».