Les familles GUISSET et SURJUS – des patronymes très (re)connus à Argelès-sur-Mer – naviguent entre crises de nerf et colère depuis des mois, pour ne pas dire des années…

Elles disent « être les victimes d’un harcèlement suite à plusieurs tentatives d’expropriation toujours d’actualité d’ailleurs » de (leurs) terres situées dans le secteur des Conques, sur le territoire de la commune d’Argelès-sur-Mer. Les biens visés par la municipalité appartiennent aux SURJUS et aux GUISSET depuis plusieurs générations, et leurs propriétaires, respectivement âgés aujourd’hui de 90 et 91 ans, aimeraient bien arriver à pouvoir dormir en paix – ce n’est pas le cas car ils redoutent au quotidien de trouver des lettres recommandées dans leur boîte-aux-lettres – pour transmettre comme il se doit leur foncier à leurs héritiers.

Ces personnes, fragilisées par leur grand âge, assument de plus en plus mal les courriers officiels envoyés avec AR par la mairie d’Argelès-sur-Mer, ainsi que la Préfecture des P-O !

  • « Le plus extravagant dans cette histoire, ou plutôt dans ce qui s’apparente désormais à « une affaire », c’est que c’est sans discussion possible ! Nous devons nous exécuter un point c’est tout », s’indigne-t-on chez les SURJUS. « L’expropriation a été arrêtée à 3€ le m² ! C’est ce qui s’appelle une spoliation dans toute sa splendeur, étant donné la situation stratégique des terres qu’on veut nous enlever (…) ».

La dernière notification remonte au 5 avril 2016, elle est signée de Marie-Christine BODINIER, l’élue chargée de l’Urbanisme au sein de la Majorité municipale socialiste : « Dans le cadre du projet d’aménagement d’un espace arboré de loisirs sur le secteur des Conques, la commune d’Argelès-sur-Mer vous a proposé d’acquérir vos parcelles cadastrées AZ 425 au prix des domaines, soit 3€ le m². Malheureusement, vous avez décliné cette offre. Aussi, une procédure d’utilité publique a été engagée et, suite à l’avis favorable du Commissaire enquêteur (un certain Guy BIELLMANN, Ndlr), la Préfecture a pris un arrêté de cessibilité de vos parcelles au profit de la commune (…). Il est possible à tout moment de la procédure de solliciter une acquisition amiable (…) ».

Le problème est que ce type de notifications successives comporte d’inquiétantes erreurs comme vous l’allez voir : le 6 août de l’année dernière, dans une correspondance du même acabit – adressée rappelons-le à une personne âgée de plus de 90 ans – signée toujours par Mme BODINIER, il était question noir sur blanc d’une parcelle cadastrée AZ 426… En 2012, l’élu délégué à l’Urbanisme s’appelait alors Guy ESCLOPE, 1er adjoint du maire de la belle époque (le député PS Pierre AYLAGAS), et les parcelles : AZ 215, 216 et 217 ? « L’acquisition de ces parcelles, écrivait-il à Noëlle SURJUS, permettrait à la commune de créer une respiration urbaine en aménageant un espace vert de loisirs ; la volonté municipale est d’offrir aux Argelésiens un lieu de rencontre intergénérationnelle qui permette de renforcer leurs liens sociaux (…) ». Or, les parcelles énumérées ci-dessus – AZ 215, 216 & 217 – n’appartiennent pas (et elles n’ont jamais appartenu) à Noëlle SURJUS, pourtant destinataire dudit courrier.

Tout cela n’est pas sérieux. Il y a là un problème de compétence. Pour le moins… On ne saurait trop recommander à tous les Argelésiens propriétaires de se rendre, dès demain, en mairie pour vérifier si leur propriété est bien référencée sur le plan cadastral. Cela s’appelle : le principe de précaution.

Entre temps, les SURJUS avaient réussi à obtenir sur le pouce une once de dialogue avec l’ancien maire, « lequel lors de cette discussion informelle, devant les bancs des Sénateurs, nous avait (r)assuré en nous affirmant que nos terrains n’étaient pas cadastrés dans la zone dite d’Utilité Publique et, surtout, qu’il s’agissait d’une erreur (…). Le 30 septembre 2015 nous lui avons adressé un courrier pour qu’il nous confirme par écrit l’erreur… Il ne nous a naturellement jamais répondu… Cherchez l’erreur ! ».

Et le plus cocasse dans cette affaire : c’est le locataire qui exproprie le propriétaire ! En effet, le terrain est loué à la municipalité d’Argelès-sur-Mer depuis une vingtaine d’années pour des activités sportives, entre autres, et la famille propriétaire des lieux est pourtant d’accord pour continuer la location.

Chez les SURJUS, on est de plus en plus convaincu que cette transaction imposée cache quelque chose « de patibulaire ». Explications : « On peut logiquement s’interroger et interpeller ; à quoi sert le site sportif des Conques… puisque celui-ci pendant deux mois d’été, juillet et août 2016, a vu son terrain de football squatté en toute illégalité par des Gens dits du Voyage ? Il était totalement impossible pour les familles accompagnées d’enfants de se rendre sur les lieux, pour s’adonner à des pratiques sportives ou de loisirs. Le parking et les accès étaient barrés par des blocs de ciment (…) ».

Comble de l’ironie, après expulsion, les caravanes et autres limousines se sont retrouvées sur le terrain privé de… M. GUISSET, utilisant eau, électricité et conteneurs fournis par la municipalité d’Argelès-sur-Mer à un campement totalement illégal implanté sur un terrain privé. « Nous ignorions jusque-là que le camping sauvage était autorisé et même encouragé à Argelès-sur-Mer… ».

Ces deux grandes familles restent très remontées contre la municipalité. Elles ne comptent pas en rester là, même si elles sont pleinement conscientes d’être le pot de terre contre le pot de fer : « mais il est bon et sain que l’opinion publique soit au courant de ces agissements-là ! C’est aussi quelque part David contre Goliath, non ? ».

 

 Ci-dessous : le stade de « Las Conques » au cours de l’été 2016…