Fredo, Roger, Daniel : les copains d’abord, grand moment de convivialité et instant sacré pour Adrien Pucci qui tient fièrement en mains un exemplaire du journal Corse Matin, édition du 22 avril 2017, et qui rendait compte dans ses colonnes du 50e anniversaire de l’accession de l’équipe d’Ajaccio en 1re Division. Ci-dessous (lunettes noires), dans les tribunes de cet événement on reconnait Adrien (pour l’occasion 70 anciens joueurs acéistes – dont Marius Trésor, Bernard Iché et Jean-Pierre Serra – étaient présents sur la pelouse de François-Coty)

 

 

Adrien Pucci est né un 15 juillet (à Marseille). Il n’a surtout pas voulu déranger le personnel soignant un jour férié, qui plus est celui de la Fête Nationale. Alors il a attendu le lendemain. Cela n’empêchera pas sa vie d’être un feu d’artifice !

A commencer donc dans le domaine du football, où sa carrière professionnelle a été un véritable spectacle son et lumière, une pyrotechnie. Sur les stades, le N° 10 (avant-centre) qu’il était savait nettoyer la toile d’araignée pour faire pleurer les filets comme ce jour de 1969 où il a marqué pour Ajaccio contre Lyon deux buts de ouf, deux scuds, une oeuvre d’art. C’était en 1re Division et, naturellement, il s’en souvient comme si c’était hier.

Parmi les amateurs du ballon rond, ceux qui en douteraient (encore et encore) n’ont qu’à double-cliquer son nom sur la toile, Adrien Pucci, et ils verront défiler sous leurs yeux un palmarès impressionnant : de la prestigieuse équipe l’OM à celle d’Ajaccio, en passant par les clubs d’Arles, Nîmes, Tours et Valence, et « lycée de Versailles » comme dirait feu le dialoguiste Michel Audiard.

Car c’est là l’autre facette du personnage : un humour corrosif, une répartie inouïe qui ne souffre d’aucune concurrence : il est capable lors d’un apéro, devant un barbecue ou autre exemple « aux courses » – plus exactement en faisant son tiercé – de placer gagnant Blaise Pascal ou n’importe quelle réplique culte du cinéma français de la Grande époque. Cerise sur le gâteau : il vous la cite mieux que son auteur, se l’appropriant avec sa verve, son bagou et son légendaire (qui est réalité) flegme.

Vous l’aurez compris, Adrien Pucci est sans fard, il est un dur à cuire, sauf devant les fourneaux où à partir d’une simple côtelette, grâce à son tour de main magique tourne-et-retourne, il peut vous servir une viande à s’en lécher les babines et les doigts comme un ours qui attaque son pot de miel.

Bien que natif de Marseille, Adrien Pucci est le fils de Juliette Cassou, Argelésienne. Il n’a d’ailleurs jamais vraiment quitté Argelès-sur-Mer, où à l’heure de la quarantaine il jouait dans l’équipe de foot locale.

 

(Les masques ont été retirés le temps de la photo)

C’est dans le centre historique du village d’Argelès qu’il a posé ses bagages de retraité, avec des entr’actes en Provence, plus précisément en Camargue, des escapades nostalgiques qui le conduisent régulièrement chez des amis du côté de Saint-Gilles, dans le Gard, à quelques encâblures d’Arles-sur-Rhône, la plus grande commune de France métropolitaine avec quelque 75 893 hectares. Il a toujours vu les choses en grand, notre Adrien national, surtout lorsqu’il s’agit d’aborder des réjouissances entre amis, entre copains d’abord. Il a beau les voir quotidiennement, mais à chaque fois ce sont de grandes retrouvailles, comme s’ils ne les avaient pas quitté la veille, mais dix ans plus tôt.

Quand le climat est trop chaud, trop sec, sur le littoral, adepte du slogan catalan « mar y muntanya » sous le soleil du Roussillon, il n’hésite pas à prendre ses cliques et ses claques pour monter à la fraîche du côté de Sansa ou en Cerdagne à Mont-Louis, villages qu’il affectionne particulièrement.

Dans cette crise sanitaire interminable, où une kyrielle de restrictions nous bâillonnent, nous musellent, vu les circonstances Adrien Pucci apparait comme une sorte d’élixir, « au nom de la Liberté » qu’il revendique haut et fort. Il y a en lui du Raimu – même si les Marseillais ont toujours su prendre leurs distances avec les Toulonnais – de l’André Pousse assurément, du Fernandel évidemment… Il est à sa façon (et surtout à ses heures) un poète populaire gardien d’un esprit à la fois catalan et provençal qui fait de la Méditerranée notre « Bonne Mère » !

L.M.

 

Partager un repas avec Adrien est toujours un moment très festif.