Monsieur D.H., demeurant à Argelès-sur-Mer, est un collectionneur atypique. Son souci permanent : être à la bonne heure ! Pas à ses rendez-vous, mais dans sa cuisine, sa salle à manger, sa chambre, sa salle d’eau… bref, dans toutes les pièces de son domicile. Eh oui, ce n’est pas toujours facile, évident, d’être à la bonne heure, quand on a chez soi… quelque 1 500 horloges (pendules, réveils, cadrans, Comtoises, montres…) – au bas chiffre – qui décorent son quotidien.

A ses heures perdues, à ses moments perdus, à temps perdu, bref dans ses moments de loisir, D.H. court toujours derrière le temps, le devançant à toute heure, forcément !

Deux jours par an, lors du passage de l’heure d’été à l’heure d’hiver, et lycée de Versailles (comme on dirait chez San Antonio), c’est l’heure de vérité, il doit remettre les pendules à l’heure : il lui faudrait presque embaucher une armée de bénévoles, tant il doit bouger les aiguilles 24H/ 24, faire des heures supplémentaires, pour avoir l’heure juste… pour ne pas tomber dans le bouillon d’onze heures à l’heure des poules, pour ne pas s’épuiser à chercher (encore et encore) midi à quatorze heures. C’est, ces jours-là, qu’il s’affaire à une heure de pointe, déclenchée par l’heure H. Mais il trouve quand même le temps d’une heure indue.

Rassurez-vous : au milieu de cette incroyable Passion, il n’a jamais passé un mauvais quart d’heure. Comme on vous l’écrit.

L’avantage de Monsieur D.H., car il y en a : c’est que c’est toujours son heure, d’heure en heure, d’une heure à l’autre, chez lui en tout cas. L’heure le regarde et il regarde l’heure.

Cependant, nous n’avons pas réussi à connaître, à savoir, quelle est la plus belle heure de sa vie… et si, comme le prétendait Eric St-Roch : « Le bonheur, c’est de passer une bonne heure » ?

 

L.M.