Communiqué

« La Ligue des Droits de l’Homme des Pyrénées Orientales a adhéré avec force à l’organisation du référendum pour la consultation du peuple Grec. Les résultats sont sans équivoque. C’est dans la gestion des crises que se révèle la solidité des engagements pris : le projet européen proclame la démocratie, l’égalité, la solidarité, les droits de l’Homme comme ses fondements.

La Grèce a toute sa place dans le projet européen : n’oublions pas qu’elle est le berceau de notre démocratie et qu’elle porte en elle les ferments de notre conception d’un monde libre et universel. Le gouvernement grec a décidé de consulter son peuple sur les propositions de réforme considérées comme la meilleure réponse possible et le président de la Commission Européenne a affirmé qu’il y avait là une « attitude suicidaire » ! Pour qui ? Pour quoi ?

La Ligue des Droits de l’Homme des Pyrénées Orientales considère qu’il est inadmissible de refuser au peuple Grec le droit à l’autodétermination : la Commission Européenne par la voix de son président dépasse ses prérogatives lorsqu’elle porte de tels jugements de valeurs. Il y a là un vrai déni de démocratie ! Les mêmes qui ont conseillé la Grèce pour embellir sa situation économique, avec des subterfuges, afin de l’intégrer dans la zone Euro, portent la responsabilité de la crise financière de 2007 et ils s’octroient en outre, le droit de noter les états soit disant défaillants, aujourd’hui la Grèce, et qui d’autre demain ?…

Il n’était nul besoin d’imposer des critères sélectifs à la Grèce pour intégrer la zone Euro puisqu’il s’agissait d’abord d’une décision politique. Bien sur, ce pays, de seulement 11 millions d’habitants, a toute sa place dans la Zone Euro : après guerre, la Grèce a participé généreusement à la renégociation et à l’annulation de la dette de l’Allemagne. N’oublions pas non plus que les élans démocratiques la Grèce on été tués dans l’œuf en 1967 par le coup d’état des colonels, avec l’appui de la CIA, sans que l’union Européenne naissante ne bouge le petit doigt. De plus la Grèce a du attendre 1981 pour  rejoindre l’union Européenne ! Ne nous y trompons pas, lorsque nous défendons le peuple Grec, nous défendons les droits de tous les Européens à disposer d’eux mêmes.

Mois après mois, les expressions électorales traduisent dans toute l’Europe une défiance croissante vis-à-vis de ses institutions qui ont bafoué le vote NON au Traité Constitutionnel Européen en 2005. La consultation du peuple grec sur des éléments essentiels pour son futur est un acte de démocratie, qui vise à garantir le droit des plus faibles, l’accès de tous à l’éducation et à la santé, mais aussi à construire un état garant des libertés. Le peuple Grec s’est prononcé à une écrasante majorité contre les diktats des créanciers.

Si les institutions européennes ne tolèrent pas, ne défendent pas cette voie démocratique, ce sont les replis identitaires, les propositions d’exclusion des plus faibles qui vont progresser, jusqu’à détruire les valeurs qui nous unissent alors qu’elles sont les fondations de notre socle commun ! L’expression du peuple Grec est légitime. La Ligue des Droits de l’Homme des Pyrénées Orientales restera vigilante à ce que les résultats du référendum soit respectés… ».

Le président de la LDH’66