« Faire ses courses, acheter des provisions pour plusieurs jours, entre bien dans le cadre des déplacements dérogatoires en application du décret du 16 mars dernier visant à lutter contre la propagation du coronavirus.

Les marchés autorisés à s’installer sur la place d’une commune selon leur calendrier habituel, ne peuvent accueillir que les commerçants proposant à la vente des produits alimentaires : fruits, légumes, viandes, volailles, produits de la mer….
A Port-Vendres , il est d’usage que le marché s’installe tous les samedis matin sur la grande place de l’Obélisque.
Aucun étal n’était aujourd’hui visible lorsque je m’y suis rendu de bonne heure d’un pas décidé.
Je n’étais pas le seul à rebrousser chemin malgré l’horaire matinal.
Pour plusieurs raisons, une telle décision ne me paraît pas suffisamment réfléchie et manque de concertation:
L’espace clos d’un supermarché, où l’on est amené à se rendre obligatoirement pour des achats alimentaires, n’est-il pas plus propice à la conservation et propagation du virus ?
Un marché en plein air ne diminue-t-il pas obligatoirement les risques de contagion tant que les règles de distances entre les individus sont respectées, les serrements de mains et embrassades proscrits ?
Pour les plus hypocondriaques d’entre-nous, la tramontane, le vent d’Espagne ou le mitjorn, seraient-ils, eux aussi, propagateurs du virus ?
Les espacements entre les étals, puisque seuls les produits alimentaires sont autorisés, ne sont-ils pas à eux seuls, un facteur rassurant ?
Serions-nous, enfin, sur un marché marseillais ou parisien pouvant grouiller de monde et où la proximité devient un sérieux vecteur de contagion ?
Certains d’entre nous s’étaient engagés à approvisionner les personnes âgées de leur quartier en ramenant ce matin dans leurs cabas de bons produits du marché. Ce ne sera pas possible.
Il ne nous restera en revanche, faute de choix, qu’à aller grossir les rangs des clients des supermarchés, développant d’autant plus les vecteurs de risques.
N’y a-t-il pas de grandes contradictions dans cette décision de fermeture ? Ne met-elle pas clairement en avant la fébrilité des décideurs ?
De nombreuses communes ont fait le même choix que la nôtre.
Un choix qui manque de réflexion, un choix fait dans la peur et la précipitation.
Il ne faut pas céder à la panique ! ».

 

Pierre Leberger