« L’ancien député que je suis sait que le budget de la nation (appelé projet de loi de finances) fixe  les orientations politiques d’un gouvernement.

Tout d’abord sur la forme, Bruno Le Maire, Ministre de l’économie et des finances présente ce budget comme, je cite : « un budget qui rompt avec ce qui a été fait depuis 30 ans, ou on  redistribuait de l’argent avant de créer des richesses… ». Pour rappel, l’homme qui parle ainsi a été successivement : Directeur de cabinet de Villepin sous Chirac, Secrétaire d’Etat puis Ministre de Sarkozy et Député depuis 2007. Jusqu’en 2012, cet homme a validé tous les budgets de la nation.

En réalité, notre personnage, Bruno Le Maire et son comparse Gérald Darmanin font du neuf avec du vieux, ou plus exactement du Macron avec du Sarkozy, « le président des riches ».

En effet, ce qui sera présenté dans les prochains jours à l’Assemblée Nationale est clairement un budget de droite qui va creuser les inégalités sociales et fiscales. Certes, il y a quelques baisses d’impôts pour les classes moyennes.

Mais l’essentiel est ailleurs comme le rappelle Christian Eckert, mon ancien collègue socialiste à l’assemblée. Les deux mesures phares sont la transformation de l’impôt sur la fortune (ISF) en impôt sur la fortune immobilière. Chaque Français comprendra l’inutilité de ce changement à part les bénéficiaires.

Le dispositif de « flat tax », le prélèvement forfaitaire unique (PFU), est encore plus choquant. Alors que le Gouvernement précédent avait aligné les prélèvements sur le capital et sur le travail, en plaçant l’ensemble de ces revenus au barème de l’impôt sur le revenu soumis à la progressivité, le gouvernement d’Edouard Philippe fait exactement le contraire. C’est incompréhensible. Avec le PFU, les revenus mobiliers seront frappés d’un impôt de seulement 12,8%. Pour bien prendre la mesure d’un tel niveau, il faut dire que c’est tout simplement inférieur au taux frappant la première tranche de l’impôt sur le revenu, soit 14% !

Pire encore, les milliards de baisses d’impôts se concentreront sur un nombre réduit de bénéficiaires.

On pourra désormais dire, que de ce point de vue, Emmanuel est l’héritier de Nicolas et non pas de François ».

Pierre AYLAGAS, PS, président de la communauté de communes Albères-Côte Vermeille-Illibéris, ancien député des P-O (4ème circonscription, ancien maire d’Argelès-sur-Mer.