D’abord, il y a la réalité : il n’y a plus de fonds, aujourd’hui, en 2017 et en suivant, pour financer de tels grands travaux. C’est l’évidence même. Les caisses de l’Etat sont vides, les collectivités territoriales et locales n’ont pas les moyens, les comptes de la SNCF sont dans le rouge et pour très longtemps, etc.-etc.

Ensuite, deux logiques s’affrontent inévitablement. Vu de Toulouse, la nouvelle capitale régionale gloutonne depuis que les régions Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon ont été obligées de fusionner manu militari, la priorité d’une Ligne à Grande Vitesse se dessine plutôt sur l’axe Bordeaux-Toulouse-Narbonne que sur l’itinéraire Perpignan-Montpellier-Nîmes. Et comme aujourd’hui, notre ancienne capitale régionale, Montpellier, n’a plus son mot à dire, ou si peu, parce que c’est à Toulouse que toutes les décisions se prennent : rideau !, circulez chers amis Catalans, ou plutôt Roussillonnais, il n’y a plus rien à dire et à récolter (point de vue pépètes – et puis on vous le répète : les caisses sont vides) pour un tel chantier. Pourtant, seuls de très grands travaux, les experts sont formels, pourraient remettre notre économie locale sur les rails.

Enfin, il y a ces élus catalans – il faut oser le dire, l’écrire, et arrêter de montrer du doigt l’Etat français ou l’Europe à chaque erreur commise de leur part, et dans ce domaine il y en a eu d’énormes parce qu’ils n’ont pas été visionnaires à l’heure « H » – qui pendant trente années ont loupé le coche, ont laissé passer le train, en l’occurrence le TGV, pour ne s’occuper que d’eux, que de leur réélection, que de leurs ambitions personnelles. Ainsi, dans les années 90, Jean-Paul ALDUY (alors sénateur-maire de Perpignan), par pur souci clientéliste de se donner une image internationale en s’accrochant au wagon barcelonais, ne voyait que par une LGV reliant Perpignan à Barcelone, point à la ligne (ferroviaire), tournant irréversiblement le dos à une route languedocienne, menant à Lyon – puis Milan, ou Paris-Bruxelles-Amsterdam… – via Montpellier. On connaît, ou plutôt on subit, aujourd’hui et pendant très, très longtemps, le résultat. Le département des Pyrénées-Orientales en général, la ville de Perpignan en particulier, se retrouvent dans un cul-de-sac.

Alors, désormais, on peut bien faire de grande messe, comme ce fut le cas hier encore au palais des congrès Georges-Pompidou de Perpignan, où l’on a même reconnu Jean-Paul ALDUY (décidément cet acteur a un incroyable talent) autour de la présidente de la Région Occitanie/ Pyrénées-Méditerranée, la socialiste Carole DELGA – Qui ne l’oublions pas fut ministre dans un gouvernement chapeauté par le tandem HOLLANDE-VALLS qui n’a rien fait pour sortir le Languedoc-Roussillon de l’ornière, jamais levé le petit doigt pour l’aider… – mais la triste réalité s’impose : une fois de plus, sur le sol argileux roussillonnais, un train de plus arrive en retard. Ou plutôt n’entrera jamais en gare de Perpignan, en dépit des grands discours de circonstance et d’autosatisfaction. Décidément, depuis la disparition du Maître Salvador DALI, le Centre-du-Monde n’est plus ce qu’il était… Où il était en tout cas !

(Contribution J-M. M.)