L’économie de juillet est catastrophique dans les P-O : pour remplir leurs établissements, une majorité d’hébergeurs catalans se retrouve fin juillet et début août à pratiquer des tarifs de basse saison. C’est à contre-cœur, qu’ils doivent cette année encore brader les séjours ?

Et si le pire était devant nous ?

Ont-ils raison de s’étonner d’un manque d’attractivité, d’un business catastrophique alors que notre territoire a le plus grand pourcentage de terres cultivables en friches, de familles aux RSA, aux Restos du cœur et au chômage ? Avons-nous les ingrédients qui font rêver ?
L’attractivité touristique serait-elle en danger, à cause des canicules à répétition, de la désertification, du désinvestissement politique, financier ou institutionnel, ou à cause d’un envie insatiable de bétonnage, ou tout à la fois ?
Quand organiserons-nous dans notre département les États Généraux de l’écolomie (l’écologie économique) ?
Attendrons-nous d’avoir touché le fond, du fond du trou ? Saurions-nous capables d’aborder les sujets récurrents qui nous conduisent dans le mur ?
La beauté des paysages peut-elle s’entretenir sans moyens financiers, sans accompagnement bancaire et sans aucune volonté institutionnelle ?
Peut-on décemment attirer un tourisme de qualité sans investir constamment dans nos circuits courts, notre gastronomie et dans l’embellissement de nos paysages ?
De qui se moque-t-on ? Allez trouver des maires courageux, impliqués à combattre la désertification, alors que partout il est devenu culturel de laisser plusieurs centaines d’hectares en friches.
Dans notre département, quelle route nationale vous pourriez emprunter pour vous rendre dans l’agglomération Perpignanaise, sans traverser un minimum de 50% voire de 100% de friches, voir même des tags et du béton à perte de vue, allez voir l’itinéraire principal des gavatx, (la route de Narbonne).
Notre superficie de terres cultivables actuellement en friches est un record National, et plus grave encore, nos négligences nous font courir des risques d’incendies ; la semaine dernière mon village et des amis d’Argelès ont évité le pire. C’est à cause de nos négligences que nous risquons le pire et la déchéance de notre classement touristique. Avec ces paysages apocalyptiques qui pourrions-nous attirer et faire rêver à part un tourisme de masse qui ne souhaite plus venir en masse ?
Quelle catégorie de touristes mériterions-nous si nous ne nous « bougeons pas les fesses » ?

 

 

Les Pyrénées-Orientales : « Un département à très fort potentiel »
Si j’avais un livre à écrire, plusieurs chapitres seraient consacrés à certaines personnalités des Pyrénées-Orientales, il y aurait beaucoup à dire sur les affaires qui secouent sans cesse le paysage politico-affairiste de notre département.
Si nous approfondissions, nous comprendrions mieux le théâtre de désolation de nos paysages catalans.
Des gens bien intentionnés feraient bien d’enquêter pour savoir pourquoi ces friches caractérisent tant Perpignan ainsi que les nombreuses autres communes catalanes ?
Peut-être qu’ici plus qu’ailleurs, le paysage se façonne dans certaines obédiences, à quoi s’ajoute le fait, que nous sommes une région frontalière et que ceux qui ont de l’argent préfèrent le dépenser en dehors des frontières hexagonales.
Dès lors qu’ils sont en dehors des frontières, ils échappent à certaines contradictions de vivre dans des cités désertées le week-end.
Même si certains s’en désolent, d’autres continuent à bâtir d’immenses zones commerciales en périphérie des villes et des villages.

 

 

De qui se moque-t-on alors que la critique est persistante ?

 

Personne ne réussit vraiment à améliorer le débat.
Quelle est la différence aujourd’hui entre la droite, la République En Marche (LaREM), la gauche et l’écologie ?
C’est d’ailleurs à partir de ce constat désolant que la dédiabolisation du Rassemblement National semble en marche.
Entre certains élus de droite et la droite radicale, la frontière semble très peu étanche et de plus en plus poreuse.
Nous en sommes arrivés à de tels niveaux de découragements que personne ne se mobilise plus pour des projets de qualité. Chacun regarde son propre intérêt, ses connivences et ce que cela pourrait lui rapporter. De tels dysfonctionnements n’intéressent pas les médias, alors qu’il y a peut-être une similitude avec les dérives affairistes continuelles des Pyrénées-Orientales, la misère persistante des habitants et la dégradation de nos paysages.
Certains feraient bien d’approfondir ces négligences pour remédier à l’ampleur des dégâts.
J’aime ce territoire pour certaines personnalités qui agissent, pour sa qualité géologique, hydrologique et ses richesses culturelles exceptionnelles.
Allons-nous, nous « bouger les fesses », faire quelques efforts pour nos paysages urbains, pour notre population, car ce serait là une des conditions pour d’attirer un tourisme de qualité ?
Oui, on est nombreux à aimer notre territoire !
On a raison de nous inquiéter, et de vouloir créer de la transversalité pour améliorer notre attractivité, je vous en reparlerai prochainement. Bien affectueusement.

 

Hubert LEVAUFRE
La Ferme de Découverte Saint André