L’écologisme peut combler le fossé qui s’est creusé entre l’homme et la nature, mais à peine démarrée, voilà que déjà la campagne présidentielle des écologistes s’en prend aux Chasseurs du dimanche*

 

Si cette revendication d’interdire la chasse le dimanche, mais aussi le samedi et durant les vacances scolaires peut sembler légitime à certains, n’oublions-pas que les chasseurs sont en partie des actifs et en totalité des bénévoles. Il faut savoir que leurs adhésions à la Fédération Nationale (validation permis de chasse** + timbres nationaux ou départementaux), servent aussi à indemniser les dégâts des gibiers sur nos cultures ».

Si les battues ont principalement lieu le dimanche c’est justement parce qu’il y a beaucoup d’actifs dans les chasseurs… S’en prendre aux chasseurs est très clivant dans notre département, car la régulation des sangliers est un problème majeur. Selon les phénomènes météorologiques les surpopulations de sangliers peuvent très vite devenir un fléau dans les cultures et à proximité des habitations…

L’écologisme ne se réduit pas à des mesures de « défense de l’environnement » ; il promeut une vision globale de la société et des rapports de l’homme à la nature, il promeut aussi une façon de penser l’homme comme partie intégrante de son environnement, tant social que naturel.

Ceux qui aiment l’écologie dans notre département les Pyrénées-Orientales ne peuvent pas ignorer que ce sont pas moins de 10 000 sangliers qui sont abattus chaque année et que si il devait y avoir une raréfaction des chasseurs, la vie de certains habitants et agriculteurs pourrait très vite être gâchée.

Que souhaitent-ils ? Que la chasse soit confiée à une administration ?

Avant d’être clivant et politique l’écologisme fait partie intégrante de la discipline plus vaste qu’est la compréhension de notre environnement. C’est aussi une science qui permet de comprendre les interactions des êtres vivants entre eux et avec leur milieu naturel.

Le clivage antichasseur n’est pas le plus approprié pour représenter les valeurs écologistes d’un éventuel futur Président de la République Française. Dans un département comme le nôtre, ça peut même être le contraire, car chacun peut comprendre les dangers de la prolifération de la faune sauvage et plus grave encore, si cette régulation devait être gérée par l’argent de nos impôts…

-« Une campagne présidentielle qui commence avec de tels clivages peut inquiéter des Français qui attendent autre chose de la politique… ».

Les Français ne sont pas dupes, l’écologisme est tout sauf binaire. Cette élection présidentielle bien au contraire aura vocation à éveiller l’esprit de chacun, à dépasser cette vision dogmatique et cloisonnée du monde.

Le moment est venu de changer notre façon de lire le monde en termes de bien ou de mal, vrai/faux, coupable/innocent… Cette vision du monde crée de la division, amène à considérer la différence comme menaçante et génère de la violence.

L’écologisme peut combler le fossé qui s’est creusé entre l’homme et la nature, les chasseurs n’en sont pas la faute, bien au contraire ils peuvent en être le remède.

 

Hubert Levaufre, Parc Pédagogique « Ferme de Découverte Saint-André, Saint-Pierre Lafeuille”

 

*Interdiction de chasser le week-end : fin octobre, à la suite de deux accidents, le sujet de la chasse fait son apparition dans les débats pour l’élection présidentielle. Le candidat écologiste Yannick Jadot veut interdire la chasse pendant le week-end et les vacances scolaires.

**Permis de chasse national : plus de la moitié des gains remonte à l’Office de la chasse, un quart va à l’organisation des chasseurs, et le reste sert à indemniser les agriculteurs des dégâts provoqués par le grand gibier. Depuis les années 2000, les dommages agricoles imputés aux sangliers représentent chaque année 20 à 30 millions d’euros en France.

Un autre méfait imputé aux sangliers est celui des collisions routières, dont le nombre est estimé à environ 5 000 par an (info oncfs.gouv). En plus des vies atteintes, leur coût s’élèverait annuellement à plusieurs millions d’euros.