« Nique ta mère, Paris on t’enc…

 

De Marseille à Paris, les expressions verbales « Nique ta mère » et puis « Paris on t’enc… » sont devenues les insultes les plus courantes, sans que les instances médiatiques et politiques, de droite et de gauche, puissent les considérer comme des offenses publiques et ou comme discriminatoires.

A cela ne tienne, il ne faut surtout pas s’étonner du faible niveau scolaire dans certains quartiers considérés comme sensibles. La France est le seul pays du monde civilisé où un professeur d’histoire a subi une décapitation horrible.

Décidément, la barbarie et la « chienlit [1] » frappent encore à nos portes sous les oripeaux de la mondialisation heureuse.

Cela n’est pas très surprenant, dès lors que depuis trois décennies nos élites appliquent avec zèle la politique de l’autruche qui consiste à enfouir sa tête dans le sable.

Une telle indifférence s’avère de plus en plus constante et forcément néfaste. Le déclin français est-il un mythe ou une réalité ? Sincèrement, ce n’est même plus la peine de se poser la question !

Au nom des valeurs humanistes et de la liberté d’expression, la classe politique et médiatique n’a nullement manifesté une ferme réprobation à l’encontre des propos tenus par Jean-Christophe Lagarde, président d’un groupe centriste à l’Assemblée Nationale, qui visaient à tirer une balle dans la tête à Eric Zemmour.

Désormais, au pays des Droits de l’Homme, encore une fois, nous assistons à une faveur particulière à l’encontre de l’auteur du livre Le suicide français : « une balle dans la tête » ! Est-ce la meilleure chose que l’on puisse lui souhaiter ?

On ne saurait trop remercier les démocrates et les républicains de notre pays sur la banalisation de la violence politique qui sape au fil du temps les fondements de la République. Hélas, le principe de non assistance à une personne en danger n’est qu’une vaine recommandation publique.

Étonnamment, dans la presse écrite et audiovisuelle, le droit de vivre et de d’exprimer librement dans l’espace politique à six mois de l’élection présidentielle n’est pas un sujet digne d’intérêt. Là encore, l’ombre de Samuel Paty plane dans tous les esprits.

Les enseignants et les soignants, les uns après les autres, commencent déjà à jeter l’éponge. Ils n’en peuvent plus ! Les Français s’inquiètent pour leur pays : trois sur quatre considèrent que « La France est en déclin ».

Mais voilà, en silence, sous la présidence de Jupiter, les Français souffrent davantage depuis la crise des gilets jaunes. Bien sûr, nous assistons à une certaine défaillance de l’ordre républicain et au dépérissement du service public, lequel est de plus en plus défaillant. La faute à qui ?

De nombreux exemples nous enseignent que personne n’est coupable, et à plus forte raison jamais responsable. Selon Céline : « ce monde n’est qu’une immense entreprise à se foutre du monde ».

Pendant sa courte visite à Marseille, Eric Zemmour a été victime de nombreuses insultes et de jets d’œufs. Au nom de la liberté d’expression, des tirs de mortier ont été tirés. De plus, dans le restaurant où il dînait, ses opposants ont aspergé la devanture de l’établissement de peinture et entassé à l’entrée des poubelles éventrées.

Et enfin, lors de son départ de la cité phocéenne, une égérie de la démocratie marseillaise s’approcha de son véhicule pour lui adresser un doigt d’honneur.

En signe de réponse, il lui a adressé évidemment un pied de nez. Mais les nez ont-ils un pied ? Voilà donc une réflexion sur le dialogue, où le geste tient lieu de métaphore de la parole, et où il importe non seulement de bien s’exprimer, mais aussi de bien se faire entendre… ».

 

Henri Ramoneda

 

[1] Charles de Gaulle a rendu célèbre l’expression la « chienlit » pour qualifier le désordre social des évènements de mai 1968.