« Si, lors de sa campagne présidentielle aux Etats-Unis, Donald TRUMP n’a pas fredonné la chanson Money du groupe PINK FLOYD ni même Money, money, money du groupe ABBA, il a néanmoins qualifié la Chine de « manipulateur de devises ». Ces derniers temps, le président américain est revenu sur ses propos mais cela n’enlève pas pour autant les nombreuses interrogations qui demeurent sur la fiabilité du marché monétaire mondial.

De manière constante, les crises monétaires internationales interfèrent toujours sur les fonctions économiques, sociales et financières. Bien sûr, les dettes et les déficits sont des facteurs aggravants au cours des périodes de ralentissement de la production industrielle et des échanges commerciaux. Aujourd’hui la croissance européenne est en panne, tout le monde en parle ; elle est plutôt faible, tout le monde le sait, et pourtant, cette situation ne semble nullement inquiéter les principaux responsables de la Commission européenne.
A tel point que dans de nombreux pays de la zone euro, en passant notamment par la Grèce et l’Espagne, l’Italie et la France, on assiste depuis une décennie à la mise en place de mesures confiscatoires qui nourrissent résolument le spectre de la récession : révision à la baisse du contrat social, diminutions des retraites, hausses des impôts et des taxes. Mesures qui enfoncent toujours plus les citoyens européens dans la pauvreté. Enfin, sans marge de manœuvre économique, la France va se séparer durablement de ses derniers bijoux de famille puisqu’un nouveau programme de privatisations est en marche, incluant notamment la cession de La Française des jeux.
Cependant, malgré cette potion amère qui affecte mois après mois un grand nombre de nos Gaulois réfractaires, il convient de se demander si nous sommes à l’abri des effets pervers d’une nouvelle crise financière mondiale au sein de la zone euro ? La réponse est non. Hélas, il faut bien l’admettre, l’Union européenne n’est pas en mesure de nous protéger.
Depuis la crise des subprimes de 2008, la spéculation sur les marchés financiers atteint à nouveau des sommets vertigineux. Décidément, rien n’a été fait de sérieux par les instances européennes et mondiales pour limiter les risques liés à la spéculation financière et réguler la finance de l’ombre ou shadow banking. Voilà pourquoi, il devient urgent de séparer les banques de dépôt et les banques d’affaires. C’est d’ailleurs ce qu’envisage de faire Donald TRUMP. L’administration américaine souhaite ainsi rétablir le Glass-Steagall Act de 1933, qui avait été abrogé en 1999 par Bill CLINTON.
Le sens de l’observation et les analyses économiques devraient nous amener à séparer dans la zone euro, et particulièrement en France, les activités de banques de dépôt et de banques d’affaires. En effet, une telle mesure devrait s’imposer logiquement pour protéger particulièrement les épargnants français afin qu’ils ne soient pas vainement exposés à une nouvelle crise financière qui serait supérieure à celle de 2008.
S’il est vrai que ce sujet n’est nullement évoqué par les européistes béats de la République en marche, et encore moins par Emmanuel MACRON, lequel dispose d’une expérience professionnelle auprès d’une banque d’affaires, il convient de se rendre à l’évidence que la séparation de ces deux métiers financiers sécuriserait davantage l’argent des épargnants. Sur ce sujet, il est intéressant de souligner que la réforme bancaire de MOSCOVICI-HOLLANDE de 2013 n’est pas une séparation stricte et patrimoniale des banques. Aussi, il est urgent de faire fléchir Bercy et de faire reculer les lobbies financiers. C’est une question de volonté politique.
Et en même temps, au lieu de faire sans cesse les poches des Français, le gouvernement devrait se consacrer prioritairement à la lutte contre l’évasion fiscale et la fraude sociale qui représentent chaque année plus de 80 milliards de manque à gagner pour l’Etat. Comme quoi, il ne suffit pas de déclarer son intelligence tous les matins en se lavant : mieux vaut conduire les affaires du pays en bonne intelligence ».
Henri RAMONEDA