« Les paroles acrimonieuses d’André Bonet, ex-président du CML

Faut-il s’indigner ou s’émouvoir des attaques directes ad personam proférées par André Bonet à l’encontre de Mahi Binebine et Dominique Fernandez ? Naguère partisan de la politique menée par Nicolas Sarkozy, André Bonet est devenu adjoint au maire délégué à la Culture de la Ville de Perpignan.

Ces deux écrivains talentueux ne méritent certainement pas une telle médisance à leur encontre. Lorsqu’on en arrive à ce point, à mettre en cause la vie privée des personnes sur la place publique, la méchanceté et la vulgarité prennent vite le dessus.

De telles assertions, par un risque d’amalgames, contribuent à éclipser du même coup la qualité des œuvres publiées par ces deux éminents écrivains. Il n’en demeure pas moins vrai qu’ils sont des hommes libres et de ce fait, ils ont parfaitement le droit d’être fidèles à leurs engagements publics et de refuser ainsi les attributions honorifiques proposées par le Centre Méditerranéen de Littérature (CML).

Une telle attitude est parfaitement compréhensible et respectable de leur part. Certes, ils n’éprouvent pas le besoin de cautionner les nouvelles orientations politiques du nouveau délégué à la culture de la ville de Perpignan. Cependant, ces deux écrivains prestigieux sont libres de penser comme ils l’entendent, d’affirmer des opinions et de les exprimer publiquement.

André Bonet ne doit pas ignorer que la liberté d’opinion est un principe inaliénable qui figure dans la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Cela dit, la tolérance est un sujet qui est d’actualité plus que jamais. Dans les lettres philosophiques de 1734, Voltaire s’exprime ainsi : « Il faut bien quelquefois se battre contre ses voisins, mais il ne faut pas brûler ses compatriotes pour des arguments ». Cette phrase résume à elle seule l’esprit de la civilisation occidentale avec toute les valeurs qu’elle est censée véhiculer et défendre.

Henri Ramonéda