« Les platanes pluri-centenaires de l’entrée ouest de Pézilla-la-Rivière ont été déclarés fragiles. Ils seront abattus ! Car dangereux à l’égard d’un futur… lotissement.
Cette situation est dans l’air du temps bioclimatique. On abat, on rase, on bétonne, on goudronne mais rassurez vous : tout est sous contrôle. Une minorité clientéliste s’est emparée de « l’écologie économique » ; pour la majorité elle est punitive.
Depuis des années je vois mon village se transformer comme bien d’autres : béton, goudron, lotissements, éoliennes… poussent comme des champignons ! Y restera-t-il un brin d’herbe en 2030 ?

Que l’on se rassure, oui, il en restera un dans le rec de la Berne, détourné au milieu de la nappe phréatique surfacique malheureusement percée par les pelles mécaniques.

Mesures nécessaires après les inondations de 1999. Ces travaux ont permis à des propriétaires terriens de passer dans le POS (Plan d’Occupation des Sols) constructible au titre de zones devenues non inondables.

Ainsi l’on détourne les cours d’eau pour éviter leurs débordements (ce qui peut se justifier en ces temps météo difficiles), mais en contre partie on « bétonne », on élève des toits et pour se donner bonne conscience, on construit de ridicules bassins de rétention lesquels sont envahis de moustiques, de détritus en tous genres et tout le monde s’en fout.

L’eau des pluies diluviennes des fins d’années rejoint par les toitures notre rivière la Têt, via le réseau d’eau  pluviale et le canal ASA devenu depuis peu conventionné pour assurer (en plus de l’irrigation) une fonction de « M. Plus » dans l’évacuation de fortes précipitations.

Cela suffit-il à satisfaire l’appétit des promoteurs du Ribéral pézillanais ?… Eh bien non !… il faut encore abattre les platanes pluri-centenaires de l’ouest proches d’un lotissement en construction. Après les avoir fragilisés en coupant leurs racines, on les accuse de tous les maux.

Pour les sauver, de nombreux appels à rendez vous ont été lancés vers la mairie, restés sans réponse à ce jour… Qu’importe, il est déjà écrit dans le bulletin municipal que ces arbres centenaires seront remplacés par des oliviers taillés au garde à vous et des lauriers alignés sur la départementale.

L’entrée du village sera belle et uniforme nous dit ce même bulletin. Quelle misère pour nous tous !

Comment pouvons nous abandonner aussi facilement ce patrimoine délégué par nos anciens. En fait ,mon village (et bien d’autres) s’enlaidit peu à peu dans ses plaies urbaines, il s’enlise dans la plaine du Roussillon pourrie par le béton et le cannabis qui arrive à grand pas, comme si cela était la normalité du temps présent et qu’il fallait tout admettre sous peine d’être traité de « ringard ».

Bientôt des projets pézillanais vont naître : « la maison des éoliennes » et « les vignes arrosées ». Une maison des vents qu’il faudrait accepter alors que nous n’avons pas encore digéré ses pales. Des « vignes arrosées » ? Encore faudrait-il que ce projet soit associé au maintien de notre espace vert, enjeu vital pour le bien être de tous. Un retour à la nature et une pause respiration s’imposent, mais force est de constater qu’une écologie rentable, celle des éoliennes et de l’urbanisation prend le dessus sur une écologie gênante celle des platanes abattus qui ne rapportent rien.
Pour tous il est légitime de rêver à posséder sa petite maison dans la prairie. Sauf que, bientôt, à ce rythme-là, des prairies il n’en n’existera plus.

Au delà des intérêts personnels, chacun d’entre nous dans cet « encore beau département » se doit de préserver notre espace vital… les arbres en font parti n’en déplaisent à certains.

En cet instant d’écriture je pense à Christian BOURQUIN, dont je ne partageais pas les idées sur un plan purement politique, mais qui avait un amour profond pour son département. Par ses actions et son humanité il protégeait notre beauté environnementale… ».
Freddy RABASSE