« Réveil brutal, douloureux pour notre village qui, depuis le 18ème siècle, vote traditionnellement le plus à gauche possible. Nuit douloureuse, où les fantômes de « la peste brune » sont venus assombrir les rêves d’un monde aimant, rassemblé, solidaire, fraternel. Devons-nous renoncer pour autant ? Non. Passons enfin à l’offensive.

Quelques chiffres pour connaître la réalité…

En effet, pour espérer changer, il faut d’abord connaître la réalité sur le terrain, arrêter de se mettre un masque sur les yeux. A partir de là, prendre les bonnes décisions et agir.

Revenu fiscal par foyer, taux de chômage

Pour notre cité en 2013, 1454 euros/mois. Chômage 16,1 %
En France en 2013, 2129 euros/mois. Chômage 10,5 %

 

Ne faut-il pas mettre en relation ces chiffres et ceux des résultats électoraux ?

Estagel, un village pauvre

Estagel est donc un village pauvre, fortement impacté par le chômage. Ces deux raisons ne sont-elles pas les principales causes qui ont amené le FN en tête dans la cité de François Arago ? Si oui, ce sont sur ces données qu’il faut agir. Sur ces données, qu’il faut mettre de vrais moyens en œuvre et surtout, ne pas laisser supposer que nous n’y pouvons rien, que c’est l’affaire de ceux qui gouverne. Ce raisonnement est trop facile. Cette facilité nous a entraînés là où nous en sommes aujourd’hui. Ces chiffres démontrent que nous ne pouvons pas nous satisfaire d’emplois précaires même s’ils sont attribués par la commune. Ils démontrent, s’il y a démonstration à faire, que nous devons faire autrement.

Pas de solution miracles. Si elles existaient cela se saurait

Certes, il n’y a pas de solutions miracles. Certes, nous ne pouvons pas d’un simple regard, inverser la courbe du chômage ou encore, donner un niveau supérieur au revenu. Mais nous pouvons être porteurs d’espoir par nos actes.
Aller vers les citoyens, discuter, favoriser les débats, informer de tout et sur tout, voilà peut-être une première mesure immédiate, qui, à notre sens, pourrait être bénéfique pour changer de pratiques politiques.
Dés maintenant, expliquer le vote FN, ne pas avoir peur des critiques qui existent. À situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles.

 

Faire de la politique

C’est bien de cela dont il est question en vérité. Faire de la politique et bannir de notre raisonnement que seuls les élus peuvent intervenir dans la vie, notre vie. A leur tour, ils doivent arrêter d’apporter l’illusion funeste, que par la gestion d’une commune, d’un département, d’une région ou d’un pays, les choses vont changer pour ceux qui peinent, qui triment, qui souffrent.
Alors Mesdames, Messieurs les élus, si vous voulez vraiment changer de cap, si vous voulez vraiment œuvrer pour le bien-être de la population, arrêter de vous réfugier dans les salons lambrissés de la mairie ou autre.
Confrontez-vous à la dure réalité en étant sur le terrain, celui de la lutte et pas seulement veille d’élection. Confrontez-vous à ceux qui peinent avec des revenus de misère. Confrontez-vous au monde du travail, des viticulteurs, en passant par l’employé d’EDF, de la poste, ou tous simplement des employés de mairie ou encore des retraités qui, chaque fin de mois, sautent à la corde.

 

Si vous allez dans ce sens, vous aurez l’adhésion des gens simples qui n’ont comme ambition que de vivre tranquillement, sereinement.
Ensemble, prenons notre avenir en main. Arrêtons de nous lamenter, de nous réunir dans les cabines téléphoniques.
Agissons ».

par Joseph JOURDA.