Le livre de Mme Marie-Antoinette Bouille, l’épouse de l’ancien maire UMP de Saint-Cyrprien et ex-conseiller général de la Côte Radieuse, vient de paraître. Son titre est « Mort pour rien ? ». Mme Marie-Antoinette Bouille l’a écrit en collaboration avec Guy Bosschaerts, journaliste à la rédaction perpignanaise de L’Indépendant, spécialisé dans les chroniques judiciaires.
Premières feuilles… « Des mois durant l’Affaire Jacques Bouille a été au coeur de toutes les conversations. Dans sa passion, l’opinion publique a, sans attendre, rendu le verdict populaire : Jacques Bouille était coupable et au centre de la conjuration. Faisons amende honorable et admettons que la presse dont je fais partie et les médias en général ont présenté la situation de manière telle que le procès à venir semblait joué d’avance. Il est curieux de constater à quel point les premiers éléments recueillis par les médias peuvent influencer l’histoire. Ainsi Florence Cassez, accusée de complicité d’enlèvement en Amérique latine, fait-elle figure d’innocente depuis le premier jour et ce malgré un jugement en bonne et due forme. Idem pour la jeune Samantha emprisonnée durant trois ans en Argentine pour un trafic de cocaïne qu’elle a toujours nié. Ce sont là de frêles jeunes filles sans fortune et sans protecteur politique que l’on prend en pitié comme l’on fait sa B.A. quotidienne. Mais il en est autrement lorsque l’on parle d’un homme politique à la carrière longue et bien assise. Le penser coupable met un je ne sais quoi au coeur du citoyen moyen. Une sorte de baume de consolation pour chaque injustice qu’il a pu ressentir au cours de son existence. Coupable ou non coupable, qui peut le dire ? Seul Jacques Bouille détenait l’absolue vérité et il est malheureusement évident qu’il ne la révèlera plus. Cet ouvrage n’a pas la prétention de détenir la science infuse, il se contente de livrer les faits, jours après jours, semaines après semaines, depuis ce 17 décembre où le maire de Saint-Cyprien fut placé en garde à vue avant d’être embastillé à la maison d’arrêt de Mailloles. Il raconte le combat de ses avocats, la souffrance de sa famille. Pour la plupart, les éléments recueillis plus loin l’ont été auprès de ses proches qui, parfois, comme c’est le cas pour sa veuve, sont eux aussi mis en examen. Cette dernière a vécu de l’intérieur l’épreuve de la garde à vue et de la mise sous contrôle judiciaire, c’est pourtant avec calme et dignité qu’elle relate toute l’histoire. De nombreux contre arguments viennent étayer la thèse de l’innocence, mais chacun se fera sa propre opinion. Car, répétons-le, le but de ce récit n’est pas d’innocenter l’élu, mais de jeter sur l’affaire un autre regard. C’est aussi l’occasion de rappeler que le maire de Saint-Cyp’ aimait profondément cette commune aux destinées de laquelle il a présidé durant presque vingt années. Nombreux sont ceux qui ont vu dans le suicide de l’édile un aveu de culpabilité. Ceux-là liront ce que sont les conditions de détention en France. Ils ne pourront pas ne pas comprendre à quel point l’isolement peut transformer un homme, à quel point la chape de plomb carcérale est lourde à porter et peut amener à un désespoir tel qu’il limite l’horizon de l’avenir ». Fin du prologue.