Mme Marie-Antoinette Bouille, veuve du docteur Jacques Bouille, ancien maire UMP de Saint-Cyprien (décédé en prison le 24 mai 2009 après s’être pendu dans sa cellule de la Maison d’Arrêt de Perpignan), aurait enfin récupéré ses bijoux : une bague de fiançailles, des boucles d’oreille, des bijoux en grenat… Tous avaient été saisis au cours des perquisitions effectuées en avril 2009, au domicile familial, alors que la justice s’intéresse à un trafic supposé d’oeuvres d’art sur fond de corruption et de malversations.
Pour l’instant, Mme Bouille n’a toujours pas confirmé cette restitution sur le bloq qu’elle tient, et qui s’intitule : « L’affaire Bouille : un autre regard ».
A propos de cette affaire des bijoux, il y a un mois Mme Marie-Antoinette Bouille écrivait justement sur son blog : « La restitution des bijoux n’a toujours pas été faite. Je sais pertinemment que le mot « bijoux » suffit à lui seul à faire beaucoup fantasmer. Pour certains, il contribue aussi à me discréditer. Je l’accepte et je j’assume. Le problème, c’est qu’en agitant ce chiffon rouge, la plupart des gens ne voient plus où se situe le vrai scandale : car il y a véritablement un scandale. Contrairement à l’avis des juges d’instruction, les juges de la Cour d’Appel de Montpellier ont considéré que ces objets devaient m’être rendus. Or, depuis le 20 avril 2010 (date de la décision de justice), puis du 24 juin 2010 (date à laquelle les juges d’instruction s’engagent à me rendre elles-mêmes ces bijoux), il ne se passe rien. La raison avancée par le procureur Dreno en a fait sourire – et même rire – plus d’un au Palais de justice de Perpignan : la greffière n’est pas malade depuis six mois, de plus, il y a, sans doute, quelques greffiers encore valides… Le scandale, c’est que ces juges n’appliquent pas une décision de justice qui les concerne ! La réponse dilatoire du ministère de la Justice m’a laissée perplexe. C’est pourquoi j’ai décidé de déposer une plainte pour abus de confiance. Mes avocats finissent même par trouver cette lenteur suspecte. A vrai dire, que cache réellement ce retard ? Une décision de justice a été rendue, qu’on n’applique pas. Pourquoi ? C’est une preuve supplémentaire de cet acharnement constaté contre nous et du dysfonctionnement de la justice ».
La dernière intervention rédactionnelle de Mme Marie-Antoinette Bouille sur le site dédié en hommage à la mémoire de son époux, remonte au 9 février 2011, elle y confirmait la parution prochaine d’un livre, qu’elle écrirait elle-même, jour après jour, livre « racontant toute l’affaire de Saint-Cyprien, depuis les premières auditions du maire jusqu’à son triste épilogue (…). Cet ouvrage, qui tourne plus spécifiquement autour du personnage de Jacques Bouille, reprend les différents éléments de mise en cause en les analysant et en y répondant. Il ne s’agit en aucun cas de faire l’apologie de Jacques Bouille ou de le faire passer pour coupable. L’instruction du dossier est toujours en cause et nous n’avons, en aucun cas, le droit de nous immiscer dans les rouages de la justice. Il s’agit simplement de porter un autre regard sur l’affaire, sans prendre en compte, comme cela a pratiquement toujours été fait jusqu’ici, les seuls éléments à charge. Pour une raison mystérieuse, Jacques Bouille a, dès son arrestation, subi une énorme pression sans bénéficier, apparemment, de la moindre sympathie. Il est notoire que si certaines personnes incarcérées – notamment Florence Cassez au Mexique – bénéficient immédiatement de la sympathie de tous, les politiciens sont considérés comme des parias dès qu’ils ont affaire à la justice. Le livre répond donc aux questions que le public a pu légitimement se poser avec les seules informations dont il disposait. Il démystifie certaines légendes, telles les norias de camions transportant des berlines de luxe venus décharger leur contenu devant la maison de l’édile. Enfin, à travers des témoignages de proches et des courriers qu’il a écrits durant sa détention, le livre explique comment le maire a pu en arriver à un découragement tel que la mort lui a semblé être la seule issue (…) ».
Rappelons que Mme Marie-Antoinette Bouille, aujourd’hui déclarée « retraitée de l’Education Nationale », a été professeur de Lettres au Lycée privé Bon-Secours, à Perpignan.
A travers ce blog, elle affirmait mi-janvier : « Je profite de ce moyen de communication « libre » qu’est encore internet, pour répondre publiquement à quelques questions qu’on me pose souvent. Ces explications seront susceptibles d’apporter des informations concernant des éléments qui demeurent, peut-être, encore totalement ignorés ».