Celles et ceux qui pensent encore que l’on peut tout dire et tout écrire sur Internet, vont devoir revoir leur copie. Et c’est tant mieux ainsi !

La justice vient de condamner sévèrement – 3 500 euros de dommages et intérêts, publication à ses frais du jugement à la « Une » du journal L’Indépendant, des hebdos Le Petit-Journal et La Semaine du Roussillon, etc-etc – un habitant de Saint-Cyprien, Patrick Cheguillaume, qui avait écrit sur son blog des attaques d’une violence rare à l’encontre de Pierre-Marc Dufraisse, directeur de cabinet du maire de Saint-Cyprien, Me Thierry Del Poso.

Le 2 avril 2011, Patrick Cheguillaume mettait en ligne sur le blog intitulé « Association de défense des contribuables de Saint-Cyprien », un billet d’humeur intitulé « Osez haut », dans lequel était utilisé un vocabulaire plus que douteux et délibérément injurieux – apparaissaient des termes comme « gauleiter » (désignant un chef de district dans l’Allemagne hitlérienne) et « menton mussolinien » – pour qualifier nommément Pierre-Marc Dufraisse.

Ce dernier portait aussitôt plainte auprès de la Gendarmerie contre l’hébergeur du site, le titulaire du blog et la personne qui a publié ce billet. Une enquête préliminaire était ouverte dans la foulée. L’association des Collaborateurs de cabinet des collectivités territoriales, CollCab’, apportait son soutien à Pierre-Marc Dufraisse, déplorant par la voix de son président Franck Laugier  « des termes utilisés particulièrement injurieux pour l’intéressé, puisque établissant una nalogie parfaitement intolérable entre la fonction de Directeur de cabinet au service des élus et de la collectivité et une sombre époque de l’histoire de l’humanité. Au-delà de ce qu’elle traduit d’ignorance et de bêtise, cette analogie indécente est aussi une marque de mépris souverain pour les victimes du IIIème Reich qui, elles, savent très bien que rien ne permet d’apparenter le combat politique avec les atrocités de la seconde guerre mondiale. Collcab’ déplore ces faits (…) ».

Hier donc le Tribunal correctionnel de Perpignan a rendu publique sa décision, suite à l’audience du 18 juillet dernier. Patrick Cheguillaume, qui était défendu par l’avocat perpignanais Me Bruno Fita, est condamné à payer 3 500 euros d’amendes et de dommages et intérêts. « Dans un pays où l’on insite sans cesse sur le devoir de mémoire, il convient d’avoir la mémoire des mots et de leur symbole », a déclaré le président du tribunal correctionnel de Perpignan, Jean-Luc Dooms, en rendant son verdict.

C’est Me Pierre-Louis Bassole, du Barreau de Perpignan, qui dans ce dossier défendait Pierre-Marc Dufraisse.