Par Joseph Jourda,

AGRICULTURE

« L’apport de trésorerie remboursable vise à permettre aux exploitants ayant déposé un dossier PAC en 2015 de bénéficier d’un apport de trésorerie temporaire qui sera versé début octobre. Le montant de cet apport est déterminé pour les exploitants présents en 2014 et 2015 et qui disposent d’un numéro pacage. Il sera basé sur un pourcentage du montant des versements des aides PAC (DPU, PMTVA, ACVA, APLM, ICHN et PHAE) au titre de la campagne PAC 2014. Les viticulteurs, les maraichers en agriculture biologique seront exclus de ce dispositif. Cette exclusion met en difficulté les exploitants familiaux concernés. L’agriculture traverse une crise profonde et l’agriculture familiale va très mal. Toutes les filières sont confrontées à des pertes de revenus importantes entraînant une multiplication de cessations d’activités ou  même malheureusement quelquefois de suicides.

Le MODEF dénonce l’incohérence d’une politique nationale et européenne de développer l’agriculture biologique, locale et de proximité sans en assurer la pérennité financière au travers des aides remboursables. Pour les exploitants familiaux en agriculture biologique, cette sanction est inacceptable et inadmissible. De plus en plus de travail, de moins en moins de revenu, les exploitants familiaux en agriculture biologique expriment leur ras le bol et leurs inquiétudes pour l’avenir. Le MODEF demande au gouvernement français et au Ministre de l’Agriculture que les exploitants familiaux en agriculture biologique puissent bénéficier de cet apport de trésorerie pour la campagne 2015 concernant les aides à la conversion et au maintien de l’agriculture biologique.

Selon le MODEF, l’agriculture biologique reconnue comme étant une forme d’agriculture respectueuse des hommes et de l’environnement, est soutenue financièrement par les pouvoirs publics et doit continuer à l’être. Elle doit se développer pour répondre à la demande des consommateurs car la France ne couvre pas ses besoins en produits bio et doit en importer de pays où le cahier des charges et la traçabilité ne sont pas au rendez-vous.

L’agriculture biologique est aussi une source d’expérimentation, de savoir-faire, de rigueur, qui peut servir de référence pour inventer d’autres formes d’agricultures économes en intrants et en produits phytosanitaires ».