Il y a deux ans, Joël Diago, assureur à Rivesaltes, a créé une association, « Rivesaltes Avenir », avec pour objectif de « contribuer à l’amélioration de la vie des Rivesaltais »…
Dans la foulée, il était rejoint par plusieurs citoyens rivesaltais, et un petit groupe solide se formait autour de lui, commençant à travailler sur différents sujets : travaux de voirie, insécurité, propreté…
L’un d’entre eux avait remarqué que « les panneaux d’information de la ville étaient en panne depuis deux ans et nous l’avions signalé au maire qui n’a pas réagi à notre courrier ; puis j’ai noté que le tableau d’affichage de la commune était mal tenu et enfin que le site internet de la commune, encore qu’assez riche, ne donnait aucun éclairage sur les décisions du conseil municipal (…) ».
Invité à intervenir lors d’une réunion publique de l’association, ce citoyen rivesaltais, choisissait de parler de ce défaut d’information et « c’est là que je me suis intéressé à Rivesaltes Magazine, organe de communication de la ville. Ces recherches n’ont pas été faciles car la rédaction de Rivesaltes Magazine n’a pas accepté que je puisse consulter leur collection de journaux. Par chance j’ai découvert que les Archives du département la détenait au moins partiellement. J’ai découvert en lisant ce journal, que son contenu avait été modifié au fil des années. Au début , avant que M. Bascou ne devienne maire il rapportait tous les deux mois les décisions prises par les deux derniers conseils municipaux. Peu à peu, cette information a été remplacée par des nouvelles plus légères sur la vie de la cité ( je ne critique pas cette évolution car la mouture précédente était sans doute rébarbative pour beaucoup ). Toujours est il que l’information « politique » s’est appauvrie ».
C’est ainsi que Jean-Michel Andujar, membre de l’association, retraité ayant à son actif une vingtaine d’années au sein de DRH (Direction des ressources humaines) dans trois entreprises, a pu se rendre compte au fil des mois que « les habitants de Rivesaltes ont peur de leur municipalité, peur qu’on leur refuse une autorisation, peur qu’on leur réduise une subvention… J’ai aussi pu me rendre compte que les gens signalaient des anomalies de gestion : terrains classé inondables qui retrouvent un statut « constructible », refus d’autorisation d’ouvrir une fenêtre et d’en indiquer le motif, discriminations dans les contreparties données par la mairie lors d’expropriations… Les gens parlent aussi de travaux faits par des entreprises intervenant sur la ville au profit de particuliers… Ma position a toujours été de rechercher des éléments de preuve de toutes ces assertions et c’est ainsi que j’ai été amené à solliciter l’autorisation de consulter les procès verbaux du conseil municipal ».
Sa première démarche remonte à début avril : « l’hôtesse m’indique que je dois rencontrer la secrétaire de mairie pour lui faire ma demande (…) ».
2ème démarche le lendemain, la secrétaire étant absente, « on me demande de faire un courrier. Remis autour du 17 avril ce courrier est une demande sans précision particulière pour avoir accès aux PV. Il reste sans réponse. Le 11 mai je fais une lettre de rappel menaçant de saisir la CADA. Le 21 mai, réponse du maire qui refuse l’accès en s’abritant derrière le caractère général de ma demande en invoquant la jurisprudence de la CADA. Le 30 mai, de formation juridique je lui réponds en lui faisant remarquer qu’il a tronqué les citations de jurisprudence et en exigeant le respect de la loi. Le 1er juin nouveau courrier pour préciser ma demande de consultation. Depuis pas de réponse… ».
 
Depuis, encore et encore, Jean-Michel Andujar a écrit à « M. François qui proposait ses services sur son blog. Pas de réponse. J’ai écrit à M. le préfet  le 4 juin. Pas de réponse J’ai écrit à la CADA le 4 juin. L’affaire sera évoquée le 4 juillet par cette commission.
J’ai rencontré le défenseur des droits, le 21 juin. Il m’a paru plus enclin à justifier les positions de l’administration qu’à défendre les droits des citoyens. En résumé il m’a dit que les maires disposaient de pouvoirs très important et qu’il ne pouvait pas faire grand chose. Attitude adoptée: nous attendons la réponse du maire à mon dernier courrier et ensuite seulement le défenseur des droits fera une lettre sachant que les administrations ne se donnent pas toujours la peine de lui répondre ».
Avec les membres de l’association, ils ont décidé de faire plusieurs courrier au maire, « chacun d’entre nous sollicitant la possibilité de consulter deux PV. Cette manoeuvre doit être lancée la semaine prochaine histoire de contrecarrer la position du maire ». André Bascou, de son côté, vient de les autoriser à consulter les PV… mais depuis le 1er janvier 2013 seulement.
Entre temps, l’ association s’est quelque peu politisée et elle envisage très sérieusement « de présenter un candidat aux prochaines élections municipales, en mars 2014 ».
En attendant, chacun s’interroge : « André Bascou aurait-il un secret municipal à cacher ? ».
Il est vrai que la communication n’a jamais été le point fort de d’ André Bascou… mais cela ne l’a pas empêché de se faire réélire maire de Rivesaltes sans interruption depuis… 1983.
A 69 ans, bon pied bon œil, André Bascou aurait confié récemment lors d’un pique-nique dans le mas du député-maire de Saint-Laurent-de-la-Salanque, Fernand Siré (UMP), qu’il entendait bien remettre ça, en mars 2014, « car je ne vois pas pour l’instant qui pourrait me remplacer (…) ». Alors, irremplaçable André Bascou ?