Voici une info qui, elle-aussi, fait le tour de France ! Au moins, les administrés savent pourquoi (et pour qui, surtout) ils payant des impôts dans notre belle région occitano-catalane ! L’Etat cherche à réduire les dépenses en réorganisant les régions, mais certains trouvent quand même le moyen d’augmenter les dépenses !

 

Les dépenses de fonctionnement du conseil régional d’Occitanie continuent d’augmenter
Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées (sources journal Capital)

 

Les dépenses de fonctionnement du conseil régional d’Occitanie continuent d’augmenter, en dépit des économies attendues du mariage entre Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées.
https://www.capital.fr/economie-politique/occitanie-les-gaspillages-de-la-nouvelle-region-1345116

 

 

Postes en doublon, frais de déplacement en hausse, réunions onéreuses… En octobre dernier, pour l’augmentation de ses dépenses de fonctionnement, l’Occitanie avait reçu le bonnet d’âne des régions, décerné par l’IFRAP (Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques). C’était une erreur qui a beaucoup fait jaser (1). «La région Occitanie se situe dans la moyenne nationale avec 254 euros par habitant (moyenne métropolitaine hors Corse de 252 euros)», a rectifié l’IFRAP en décembre. Pour autant, la mise en place de la région Occitanie n’a pas engendré la diminution de coûts escomptée.

«En neutralisant les transferts de compétences, la région a seulement connu une augmentation annuelle de ses dépenses de fonctionnement de 0,9% depuis 2016», défend Claire FITA, élue du Groupe socialiste, républicain et citoyen et présidente de la commission des Finances, mandatée par la présidente Carole DELGA (PS) pour répondre à nos questions. Une hausse déjà beaucoup trop élevée pour l’opposition, alors que le budget primitif voté pour 2019 est de 3,61 milliards d’euros (+100 millions d’euros par rapport à 2018), dont un volet investissement de 1,24 milliard d’euros (+70 millions d’euros).

Symbole le plus frappant du gaspillage de l’argent public après la fusion : le coût des assemblées plénières. Elles réunissent l’ensemble des 158 conseillers régionaux quatre fois par an pour environ 100.000 euros par grand-messe – somme variable selon la durée de l’assemblée –, soit 400.000 euros au total ! «Pour s’assurer du soutien de la gauche montpelliéraine, Carole DELGA a promis lors de sa campagne que les assemblées plénières auraient lieu à Montpellier malgré la cherté de cet engagement», s’insurge Elisabeth POUCHELON, conseillère régionale de l’Union des élus de la droite et du centre (UEDC). Une décision d’autant plus discutée que, selon les estimations de l’architecte de l’hémicycle de l’Hôtel de région de Toulouse, réaménager celui-ci pour accueillir tous les conseillers coûterait entre 100 000 et 400 000 euros. «Cela serait amorti en un an tout au plus ! Je ne dis pas que toutes les réunions doivent se tenir à Toulouse, mais au moins quelques-unes pour amoindrir les frais», estime Elisabeth Pouchelon.

 

 

Le dilemne de l’Hôtel de Région

 

Gérard ONESTA, président du bureau de l’assemblée du conseil régional d’Occitanie et tête de liste EELV aux élections régionales de 2015, partage étonnamment le même avis mais pas le même chiffrage. Cet architecte de profession estime le coût de l’agrandissement de l’hémicycle entre 500 000 et 600 000 euros. Une somme qui semble plus réaliste. Claire FITA, elle, avance carrément un montant de 7 millions d’euros, «car il faudrait casser les murs pour agrandir».

A défaut d’agrandir l’hémicycle, une autre option existe. «Mieux vaudrait engager une démarche patrimoniale en achetant un lieu qui permettrait d’organiser les plénières et d’autres évènements dans un grand auditorium à Montpellier. L’investissement serait amorti au bout de dix ou quinze ans», estime Gérard ONESTA. Etant donné la promesse d’Emmanuel Macron de réduire le nombre d’élus locaux, Claire FITA répond : «On ne va pas engager des dépenses de l’ordre de 7 à 8 millions d’euros pour réaménager ou construire un hémicycle qui serait utile quatre fois par an, puisqu’en 2020 devraient être élus beaucoup moins de conseillers régionaux. De ce fait, ils pourront se réunir dans l’un ou l’autre des hôtels de région.»

Les allées et venues entre les deux métropoles ont néanmoins un coût élevé. Elisabeth POUCHELON est passée de zéro euro de frais de transport à environ 3 000 euros par an pour se rendre, à partir de Toulouse, à sa douzaine de réunions montpelliéraines. Depuis 2016, chaque année, la région a dû dépenser 210 000 euros de frais de déplacement supplémentaires pour ses élus, soit 630 000 euros en trois ans ! «Pour 2019, cela devrait diminuer de 20 000 à 30 000 euros, grâce au développement de la visioconférence», avance Claire FITA ; 612 000 euros ont été investis pour équiper 34 salles. Pour les agents de la région, la facture de transport a également augmenté considérablement. Un bond de plus de 110 000 euros en 2016 et de plus de 390 000 euros en 2017 !

 

 

Effectifs en hausse

 

Autre source de dépenses critiquée par l’opposition, les effectifs. Les agents sont au nombre de 6 900 aujourd’hui. Depuis la fusion, 442 postes supplémentaires ont été créés, dont seulement 214 liés aux transferts de compétences, qui font l’objet de compensations financières de l’Etat. «Aucun effort n’a été réalisé, alors que les départs à la retraite auraient pu ne pas être remplacés. La région a décidé de créer des emplois dans les cantines scolaires pour les lycées. Ce n’était pas nécessaire», estime Elisabeth POUCHELON. En l’occurrence, le conseil régional dénombre 82 nouveaux postes depuis 2016, entre l’ouverture de lycées et l’internalisation de leur restauration. Si 99 autres postes ont été créés au sein des services généraux pour accompagner la mise en œuvre des nouvelles politiques régionales, 54 seront supprimés d’ici la fin du mandat, notamment via des départs à la retraite non remplacés, selon l’exécutif.

Par ailleurs, les rémunérations des agents des deux anciennes régions ont été harmonisées par le haut. Une décision qui faisait consensus parmi les élus, toutes couleurs politiques confondues, mais a coûté 5 millions d’euros par an depuis 2016. Au niveau des ressources humaines, la question la plus épineuse est toutefois celle de la non-suppression des postes en doublon. Un élu de la majorité explique : «A cause du syndrome de la peur du petit qui se fait manger par le gros et pour éviter les guerres interservices entre les directions de Toulouse et de Montpellier, la paix des braves a été trouvée en mettant en place un directeur d’une ancienne région et un directeur délégué de l’autre pour chaque service.» «Et, en prime, il y a des responsables de service, des responsables de service délégués et des directeurs de projet. Une vraie armée mexicaine de cadres !», dénonce aussi Diane GUENOT, cosecrétaire du syndicat SUD au conseil régional. «On a multiplié les postes pour contenter tout le monde, il n’y a pas de mutualisation des coûts», peste également Anne-Sophie MONESTIER-CHARRIé, conseillère régionale de l’UEDC.

Pour contrer ses critiques, Carole DELGA met en avant les 21 millions d’euros d’économies réalisées grâce aux renégociations des gros contrats, car la grande région pèse davantage. Treize millions d’euros ont été gagnés rien qu’avec la convention TER signée avec la SNCF. Le budget assurance, lui, a baissé de 2,5 millions d’euros. Ces gains ont directement été réinjectés en investissements, essentiellement dans la construction de lycées et les politiques jeunesse. D’ici la fin du mandat, ces économies d’échelles devraient atteindre un total de 108 millions d’euros. Suffisant pour calmer la grogne ?

 

 

(1) Les calculs n’avaient pas pris en compte que les fonds d’aide de l’Europe distribués par la région aux agriculteurs, par exemple, inscrits dans les dépenses, lui sont ensuite reversés. Cela avait gonflé l’addition annuelle. La loi portant sur la Nouvelle organisation territoriale de la République (ou loi NOTRe) a également transféré des compétences aux conseils régionaux, telles «les dépenses de transports interurbains et scolaires des départements, ce qui avait pour conséquence d’augmenter mécaniquement les dépenses de fonctionnement», a admis l’Ifrap.

https://www.capital.fr/economie-politique/occitanie-les-gaspillages-de-la-nouvelle-region-1345116