Pas facile de connaître, à ce jour, les conditions exactes qui ont conduit, avant-hier, Christian Fourmont à démissionner de son poste de 1er adjoint de la commune de Port-Vendres. Il n’y a pas même l’ombre ou le schéma d’une version officielle ! Injoignable, toute l’après-midi d’hier en tout cas, le maire de Port-Vendres, Jean-Pierre Roméro (UMP), se refuserait à tout commentaire, pour l’instant, à propos de cette affaire…

Certes, depuis bientôt un an, à sa demande, et il semblerait uniquement pour des raisons de santé, Christian Fourmont s’était détaché de ses obligations communales ; il n’était pratiquement plus aux responsabilités : « Il s’était retiré de la vie publique, il avait abandonné ses délégations aux Finances et à l’Urbanisme pour ne conserver que la présidence de la commission des Travaux et du Patrimoine municipal », affirme-t-on dans le proche entourage du maire de Port-Vendres. « En tout cas, insiste un adjoint, Christian Fourmont était devenu au fil des mois un 1er adjoint inexistant, on ne le croisait plus ou presque en ville et il refusait le rôle de représentation qui lui incombait auprès de certaines instances, festivités et autres dans le cadre de l’agenda municipal ».

Bref, selon la version de l’équipe de la Majorité municipale aux commandes de la mairie de Port-Vendres : la démission du 1er adjoint ne serait en fait qu’une pure formalité administrative, puisque cela ferait des mois que Christian Fourmont n’assurerait plus sa mission d’élu local, un retrait de la vie publique à mettre sur le compte d’un état de santé prévaire, « une situation fragile ».

Pourtant, sur le quai Forgas, une autre version circule. Il y est question d’un complot, qui aurait pû naître lors d’une réunion à Perpignan, au lendemain des élections sénatoriales du 25 septembre dernier, rencontre pendant laquelle une poignée de colistiers du maire particulièrement déterminés, dont le 1er adjoint, auraient tenté de mettre en place un scénario pour renverser Jean-Pierre Roméro d’ici un mois… Vous le croyez, vous, ça ? Après l’arbre qui cache Laforêt, il y aurait donc « anguille sous roche » ; ou plutôt, comme nous le faisait remarquer un restaurateur de la Côte Vermeille : « sardine sous roche » !

Dans l’équipe du maire, cependant, où on affiche une sérénité solide et réaliste, on écarte cette version, que l’on juge « abracadabrantesque » : « Oui, bien sûr, nous sommes au courant de cette rumeur. Mais croyez-nous elle aurait aucune chance d’aboutir. Nous sommes sûr de la fiabilité de l’équipe autour de Jean-Pierre Roméro. Les gens ne marcheraient pas dans une telle combine. Le maire bosse et nous sommes tous solidaires dans la Majorité municipale rassemblée autour de Jean-Pierre Roméro« .

Il serait temps que Jean-Pierre Roméro et Christian Fourmont se décident à communiquer sur cette affaire, et ce avant que celle-ci ne dégénère en embrouillamini sur la base de révélations confuses, de discours bourrus et de raisonnements biscornus où chacun n’aurait rien à gagner sauf à y perdre son latin ! Après tout, les Portvendrais ont le droit de savoir ce qui se passe dans leur « Maison »…