FRENE 66
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Fédération pour les Espaces Naturels et l’Environnement – Pyrénées-Orientales
Membre de France Nature Environnement
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Communiqué de presse des Associations « Port-Vendres et les Port-Vendrais », du « Collectif Les Tamarins » et de la FRENE’66.
« L’enquête sur la destruction de l’île antique de Port-Vendres est en cours.
Les associations plaignantes apportent de nouveaux éléments sur le caractère délibéré des faits.

Sous le couvert de l’avis d’archéologues pour qui il n’y a jamais eu d’île à Port-Vendres, le Conseil départemental des Pyrénées-Orientales, propriétaire du port, s’est attaqué aux vestiges d’une île qui constitue un incomparable réservoir archéologique jamais fouillé depuis 3 000 ans.
Les associations, sur la base de nouvelles images communiquées au Procureur de la République, suspectent un processus délibéré de destruction de vestiges antiques du site insulaire, cœur réel du port de Portus Veneris.
Il apparaît que la Société de travaux sous-marins GPT BUESA, dont le siège est à Béziers, avait pour consigne d’éliminer « épaves et petits bateaux » ce qui figure en toutes lettres dans le contrat signé avec l’entreprise alors qu’aucune réserve de précaution archéologique n’ y est mentionnée. La présidente du Conseil départemental – qui est aussi présidente du conseil portuaire – a d’ailleurs reconnu l’absence de fouilles préventives lors d’un entretien dans le quotidien l’Indépendant.
L’évacuation en mer de matériaux, ayant été autorisée par le préfet, les associations souhaitent que des moyens lourds soient diligentés pour retrouver leur lieu de dépôt. Les associations craignent surtout que les blocs monumentaux, un moment entreposés sur le quai de la Douane, puis volatilisés, aient fait l’objet d’un broyage. En effet des photos prouvent qu’un processus de destruction méthodique de tous les vestiges et blocs blancs avait été mis en place sur le quai géré par la Chambre de Commerce et d’Industrie des Pyrénées Orientales (CCI’66).
Sur des bâches les chenilles et les godets des engins du chantier écrasaient tout ce qui n’était pas noir entre les roches et les schistes. Ce sont les matériaux blancs qui étaient broyés incluant marbres, calcaires et ciments. S’agissait-il de restes de colonnes et de statues ? La masse des blocs recueillis au même endroit sur la bordure ouest de l’île, devant l’ex gare maritime, évoque la présence d’une grande épave pouvant apporter ou remporter des éléments architecturaux d’un temple.
Les associations demandent aux autorités de procéder aux expertises des débris terrestres et sous-marins avec la participation des associations plaignantes. Il est aussi souhaitable que l’enquête en cours mette à jour les arrières plans financiers qui ont abouti à ce désastre.
En l’absence de réaction et de la moindre réponse des Ministres concernés, ceux de la Culture et de l’Ecologie, les associations se préparent à solliciter les instances internationales pour violation de la convention signée par la France en 2001 en vue de protéger les richesses archéologiques subaquatiques ».