Dans un courrier daté du 8 juillet 2011, Mme Joëlle Ferrand, ancien maire du Barcarès (1999-juin 2011), détaille pour la première fois les raisons qui l’ont amenée à choisir de démissionner, et ce juste avant de connaitre la décision de justice qui lui a infligé une sévère peine de cinq ans d’inéligibilité.
Nous publions ci-dessous l’intégralité de cette lettre…

« Madame, Monsieur,
Chère Barcarésienne, Cher Barcarésien, Mes Chers amis,

Comme vous le savez, depuis le 27 juin dernier, j’ai décidé de démissionner de mes fonctions de maire. Ce fut pour moi un choix difficile, réfléchi, mais en aucun cas, un abandon.

J’ai choisi d’anticiper une décision de justice dont je savais qu’elle aboutirait forcément à me priver de vous.

Par cette démission, j’ai choisi de me mettre en retrait pour attendre plus sereinement la décision de la Cour de Cassation qui devait intervenir avant ou après les vacances judiciaires. Bien évidemment, je ne m’attendais pas à une conclusion aussi rapide, dont j’ai pris acte.

Il n’y a eu dans ma démarche aucune stratégie politicienne, simplement la volonté de prendre les devants pour mieux affirmer ma vérité et ne pas apparaître comme « l’élue traquée » que certains auraient voulu que je sois à l’issue de cette décision méprisante, humiliante, subjective et donc loin de l’objectivité que l’on est en droit d’attendre de la justice, surtout dans un dossier où je continue de dire et de démontrer que je n’ai rien à me reprocher.

J’ai la conscience tranquille. J’ai décidé de ces travaux avec l’approbation du Conseil Municipal, sans évidemment imaginer les proportions que prendrait cette simple décision prise en toute logique dans l’intérêt des finances publiques.

Pourquoi reprocher à un maire d’avoir dragué un espace du domaine public, et d’avoir autorisé une extension gratuite alors que les dragues étaient là, faisant réaliser une économie à la commune. ?
Comment sur des faits identiques, peut on me relaxer à Perpignan et me condamner à (la) mort politique à Montpellier puis à Paris ?
Comment cela peut-il être possible ?

Si je ressens aujourd’hui l’envie de m’expliquer devant vous, ce n’est pas parce que je suis animée d’un sentiment de culpabilité. Ce n’est pas non plus pour venir jouer le rôle de la victime d’une « théorie conspirationniste ». Mais bien au contraire parce que je refuse « l’exécution politique » programmée à travers ce jugement d’une extraordinaire et inhabituelle sévérité.

Oui, pourquoi le cacher ? J’ai vécu cette décision d’injustice et injurieuse comme une souffrance, comme un coup-bas de plus même si je sais que le milieu politique est un univers agressif où l’on prend des coups à répétitions et à sensation. Vos très nombreux témoignages de soutien et d’amitié me renforcent dans l’idée de l’incohérence et de l’injustice que j’éprouve.

Avant l’entrée en vigueur de ce jugement inique qui m’oblige à me retirer, je souhaitais m’adresser à vous, une dernière fois de façon officielle, comme l’élue qui a fait tout ce chemin avec vous.

Avant de prendre un peu de recul, nécessaire après un tel choc, je souhaitais de nouveau vous remercier toutes et tous, pour votre soutien indéfectible et votre confiance sans cesse renouvelée depuis 1999. Sachez que c’est toujours d’un grand réconfort, dans les circonstances actuelles. Merci pour tout cela !

Je voulais vous dire que j’ai assumé ma fonction de première magistrate avec passion et raison. Je ne vous ai jamais menti et trahi. Je me suis investie sans compter, impliquée sans relâche. Et portée par votre confiance, j’ai sans doute sous estimé ma défense comme on le fait quand on n’a rien à se reprocher !

Ce qui compte aujourd’hui, c’est le résultat de tout ce travail acharné, aux côtés des équipes qui m’ont soutenue sans relâche. Vous êtes d’ailleurs nombreux à témoigner de l’évolution et de l’embellissement de notre ville avec une réelle maitrise des finances publiques. C’est la plus belle des récompenses.

Malgré les coups bas, les embûches, les empêchements d’avancer, les trahisons diverses, j’ai toujours œuvré pour l’intérêt général, soucieuse d’améliorer le cadre de vie et le quotidien des Barcarésiens.

Le Barcarès reste la ville où j’ai mes racines, et mon histoire. Je continuerai de l’aimer et de la défendre. C’est là que j’ai construit ma vie, tout comme Alain, mon époux. Ensemble, nous partageons la même vision d’avenir et les mêmes ambitions pour notre ville. Nos filles ont fait leurs premiers pas sur nos si belles plages. Tous mes souvenirs les plus chers me rattachent à ce Barcarès que j’ai tant défendu.

Aussi, s’il est une promesse que je puisse vous faire aujourd’hui, c’est bien celle de veiller à ce que l’avenir de notre commune ne se résume pas à la satisfaction d’intérêts personnels et ne soit pas l’otage de calculs politiciens.
Mais je sais que, comme par le passé, vous saurez choisir celles et ceux qui seront dignes de votre confiance.

Riche de tous ces moments heureux passés à vos côtés, de la confiance que vous m’avez accordée, et des messages que vous m’avez encore dernièrement adressés, je reste votre bien dévouée.

Merci d’être à mes côtés pour m’aider à traverser cette dure et contraignante épreuve. »