Après les éoliennes, une urbanisation exponentielle, les élus du Conseil Municipal de Pézilla-la-Rivière ambitionnent d’autres grands projets onéreux. Mais ils pourraient aussi s’interroger : sur le devenir de notre centre médical bientôt désertique ; sur l’avenir de notre bureau de  La Poste dont les horaires sont réduits à peau de chagrin ; sur l’ hypothétique construction d’une « caserne pompiers » , sujet sur lequel le maire s’était engagé à donner une réponse au plus tard fin d’année 2020 ! Ah, si Mme Hermeline Malherbe, présidente du Conseil Départemental des Pyrénées-Orientales, daignait enfin répondre à cette question, cela nous éviterait des supputations…

 

Le dernier  conseil municipal en date de Pézilla-la-Rivière a eu lieu le 18 mars 2021, et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il fallait y assister pour en avoir une vision objective. Il ne faut rien attendre en particulier de la Majorité municipale en place pour être informé objectivement, mais plutôt écouter l’Opposition municipale qui vient contredire un disciple de Jupiter, habitué depuis des lustres à monologuer devant une assemblée acquise à ses causes. Une Opposition qui soulève de vrais problèmes : s’agissant par exemple des attributions des terrains constructibles et, surtout, du devenir du cabinet médical. Les Pézillanais ont le droit d’entendre tous les sons de cloches, sans exception !

Vrai sujet que celui du destin de notre santé, car bientôt il n’y aura plus de médecin proche de nous.

Deux d’entre eux partent à la retraite, après avoir tout essayé auprès de jeunes praticiens remplaçants, rien n’y a fait ! Les pratiques médicales à la papa ne sont plus d’actualité. Les nouveaux docteurs n’ont que faire des vielles doctrines hippocratiques. Dans un numérus clausus réduit, ils se laissent courtiser et ce n’est pas une télécabine-santé qui va les remplacer.

Des médecins en souffrance

Deux autres généralistes quittent également les lieux : lassés des ambiances dépressives, agressives des patients. Ecœurés par un bailleur (dont fait partie la mairie) augmentant les charges locatives de 65°/° ! Désappointés par un manque de soutien de la part du groupe majoritaire. Ces courageux ont tenté de communiquer afin d’exprimer leur désarroi. Eux-aussi ont d’énormes pressions financières – administratives, eux-aussi ont été victimes du COVID, tant physiquement que dans les absences de consultants. Eux-aussi souffrent moralement.

Eh oui, contrairement aux prévisions optimistes de la Municipalité, Pézilla-la-Rivière n’aura prochainement plus de médecine humaine ! Pour on ne sait quelles raisons, ont été occultés tous les signaux de mise en garde. On préfère faire du pathos avec une lettre provenant du Niger plutôt que de faire connaitre des courriers d’appel au secours écrits par des soignants brillants, emplis d’abnégation (…).

Certes, et pour reprendre l’article de l’Indépendant (en date du 2 avril 2021), « la commune dispose d’une capacité d’endettement sur le mandat ». Comme si, il fallait s’endetter pour être heureux ! Comme si, il fallait croire à cette mise en valeur de chiffres répétés d’une voix monocorde alors que notre bureau de La Poste est à la limite d’être rayé de « google map » : trois heures ou deux d’ouverture quotidienne, un seul guichet, des files d’attentes masquées dans un froid couloir obscur, nous rappelant les pires heures de notre histoire.

Et quand l’Opposition municipale émet le souhait de nommer un rond-point, celui de la « Laïcité » , cette même voix monocorde répond que « là n’est pas l’urgence, l’importance »

Freddy Rabasse, citoyen engagé