« Il faut rendre à César ce qui appartient à César…

Bouche cousue, j’ai assisté en tant que spectateur à la réunion du conseil municipal de Pézilla-la-Rivière en date du 8 juillet 2020. Peu de temps après, le 13 juillet, je lis dans les colonnes de notre prestigieux journal local L’Indépendant, le compte-rendu du correspondant de proximité. Son article met en valeur les actions de notre maire afin de trouver une solution pour pérenniser l’existence de nos services de secours, du moins ce qu’il en reste ! Le papier laisse à penser que notre premier magistrat a proposé et propose encore toutes les solutions et tous devront en disposer, y compris les autorités du Département. Comme si ses propositions sorties de son filet à préempter étaient les panacées absolues.

Durant les débats du conseil, Jean-Paul BILLES, maire fraichement réélu, souhaite faire préemption sur l’acquisition (100 000 euros) de l’ancien local « ex-centrale d’achats agricoles », afin d’y faire installer une nouvelle « équipe de pompiers ». L’Opposition municipale met en avant que « ces bâtiments font l’objet en même temps, d’un projet économique associant un parking de véhicules d’occasion et un centre contrôle technique homologué ».

Deux emplois sont à la clef, ce n’est pas rien par les temps qui courent. L’entrepreneur est sur le coup, l’argent est déjà emprunté, il n’y a plus qu’à.

Se pose alors la question des priorités. Le dilemme est là. Le maire et ses colistiers argumentent. Xavier Roca et son équipe municipale minoritaire mettent en parallèle les deux situations : l’une économique, l’autre qui relèverait de l’intérêt collectif. A ce moment précis l’Opposition fait donc une suggestion à l’assemblée : « certes préempter, mais dans l’éventualité où les services départementaux de Mme Malherbe, la présidente du Conseil départemental, ne répondent pas présent pour financer cette idée de future caserne, il faudra redonner préférence à l’investisseur privé ». Une belle initiative qui trouve un compromis acceptable pour tous les présents.

Il faut donc « rendre à César » Xavier Roca, ce qui lui appartient. Son équipe n’étant pas du tout contre ce projet de caserne-secours, mais bien au contraire a engagé le débat pour trouver une solution admissible et non pas l’inverse comme pourrait le laisser sous-entendre l’article du journal local.

L’Opposition minoritaire, pour qui veut l’entendre a parfois du bon dans les éclaircissements et conciliabules démocratiques.

Pour terminer sur ce sujet, j’ai noté l’intervention de la conseillère Karine Carola, qui souhaite prendre des risques en tant que fraîche élue de la Majorité municipale et de les assumer. Dépenser 100 000 euros pour une hypothétique faisabilité dépendante du bon vouloir de Hermeline Malherbe, ce n’est pas rien à mon humble avis de contribuable. Dans son euphorie naïve, s’est-elle au moins posée la question ? L’entrepreneur privé va-t-il poliment attendre les méandres administratifs du Conseil départemental qui peut-être décidera de faire capoter le projet ?… Qu’adviendra-t-il alors des 100 000 euros investis ? Il est vrai qu’ayant augmenté les factures de garderie d’enfants de la commune (1 heure avant), cent mille euros ne sont que feu de paille…

Désormais, à Pézilla-la-Rivière, après plus de trois décennies de règne sans contradiction, il y aura dans un tout petit coin, un tout petit groupe issu de la Démocratie qui fera, n’en déplaise à certains, caillou dans la chaussure ».

Freddy Rabasse (citoyen de Pézilla-la-Rivière)